Coronavirus dans les Hauts-de-France : Les surveillants pénitentiaires dotés de masques au rabais

SANTE Le personnel pénitentiaire a dû travailler pendant une semaine avec des protections inadaptées à l’épidémie de Covid-19

Mikaël Libert

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Les masques perçus dans les prisons des Hauts-de-France.
Les masques perçus dans les prisons des Hauts-de-France. — FO Pénitentiaire

La semaine dernière, les personnels des établissements pénitentiaires de la région des Hauts-de-France n’ont pas eu d’autre choix que de travailler avec des protections de mauvaise qualité contre le coronavirus. C’est le syndicat FO, majoritaire chez les surveillants, qui dénonce un « loupé » de son administration.

Depuis le 28 mars dernier, les directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP) de France reçoivent chaque semaine une dotation en matériel de protection contre l’épidémie de coronavirus. Dans les Hauts-de-France, ce sont environ 10.000 masques qui sont distribués de manière hebdomadaire dans les 18 établissements pénitentiaires. Certes, il ne s’agit jamais des fameux masques FFP2, mais ce sont au moins des protections de visage répondant aux normes leur permettant d’obtenir l’appellation « masques chirurgicaux ».

Des masques « fins comme du papier à cigarette »

« Vendredi 3 avril, tous les lots que nous avons reçus ne correspondaient pas à ce qui était livré habituellement. Il n’y avait aucune mention sur les boîtes. Ce n’était pas des masques chirurgicaux », affirme Julien Martin, secrétaire interrégional du syndicat FO pénitentiaire. Et au déballage, l’examen des produits laisse peu de place au doute. « Ils sont fins comme du papier à cigarette et se déchirent très facilement. Clairement, ça ne protège de rien, et encore moins du coronavirus », déplore le syndicaliste.

Les masques perçus dans les prisons des Hauts-de-France.
Les masques perçus dans les prisons des Hauts-de-France. - FO Pénitentiaire

Ces masques, du modèle « Accu Fit », sont fabriqués par l’entreprise chinoise Medicom. Il suffit de se rendre sur le site internet du fabricant pour découvrir à quelle utilisation ils sont destinés, principalement l’industrie électronique. Selon Medicom, ces masques fournissent « une protection contre les particules et les aérosols exempts d’huile. »

« Dimanche, des collègues ont dû intervenir pour un détenu positif au Covid-19 qui avait retourné sa cellule. Comment voulez-vous que l’on se sente en sécurité avec des masques comme ça ? », interroge Julien Martin. Selon lui, la direction des services pénitentiaires a reconnu un « loupé » dans la commande. Contactée par 20 Minutes, la DISP assure être en train de rechercher l’origine du dysfonctionnement. A priori, le « loupé » ne s’est pas reproduit, les derniers lots de masques reçus étant effectivement de type chirurgical.