Coronavirus : Les petites routes à la frontière franco-belge sont étroitement surveillées

ÉPIDÉMIE Les axes entre la France et la Belgique, y compris les petites routes, font l’objet de contrôles très fréquents

Mikaël Libert

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La frontière franco-belge à Baisieux, dans le Nord.
La frontière franco-belge à Baisieux, dans le Nord. — M.Libert / 20 Minutes

Cela fait désormais un peu plus de deux semaines que la frontière entre la France et la Belgique est fermée pour limiter la propagation de l’épidémie de coronavirus. Plus récemment, le préfet du Nord a décidé de renforcer cette mesure en fermant deux autoroutes pour y diligenter des contrôles. Mais qu’en est-il des nombreuses petites routes qui permettent habituellement de passer d’un pays à l’autre sans même s’en rendre compte ? Reportage à Baisieux.

L’endroit est très connu des habitants de la métropole lilloise peu enclins à payer plein pot leur tabac dans leur pays. Il suffit de prendre l’autoroute A27, de sortir au centre d’entraînement du Losc et, quelques kilomètres plus loin, par une route de campagne, on arrive en Belgique. Sauf que ce vendredi matin, on apercevait bien en amont les gyrophares d’une voiture de la police française. Consciencieusement, les trois agents contrôlent tout ce qui passe d’un côté ou de l’autre.

Il traverse la frontière pour nourrir ses serpents

Appartenant à la police aux frontières, les fonctionnaires ont été réaffectés après l’arrêt des vols commerciaux à l’aéroport de Lesquin. « Ici, il y a des contrôles régulièrement mais à d’autres endroits, il y a des points fixes », explique l’un des policiers. A Baisieux, le trafic n’est pas très dense ce vendredi matin. « On ne voit que des travailleurs transfrontaliers qui sont parfaitement en règle », poursuit l’agent.

Sauf quelques cas atypiques. « Une fois par semaine, il y a un monsieur qui passe la frontière pour aller nourrir ses serpents dans sa maison en Belgique », s’amuse le fonctionnaire. Il évoque aussi le cas d’un autre français, claustrophobe, qui peut circuler grâce au certificat médical de son médecin.

Quelques mètres plus loin, côté belge, le seul commerce ouvert est une station-service qui vend aussi du tabac. Au sol, du gros scotch marron délimite les distances de sécurité à respecter. L’employée sert les rares clients derrière une paroi de plexiglas. « La grande majorité de notre clientèle est habituellement française. Je n’ose même plus regarder le chiffre d’affaires dont dépend le maintien ou non de l’ouverture de la station », déplore la jeune femme.

Pourtant, elle en sert encore des Français, malgré le confinement et la fermeture de la frontière : « Entre 30 et 70 selon les jours et selon la présence de la police », reconnaît-elle. Cela reste bien peu par rapport à son activité habituelle : « Aujourd’hui, c'est très calme, mais le pire, ça a été le premier lundi. On a été dévalisés en tabac, il ne restait plus rien dans le magasin », assure l’employée.