Coronavirus à Lille : La cellule du Samu pour les patients sans gravité va diminuer ses effectifs

SANTE « C’est l’un des premiers effets du confinement », explique le chef des urgences du CHRU de Lille

Gilles Durand

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Transfert d'une patiente atteinte de Covid-19 à l'hôpital Salengro du CHRU de Lille, le 27 mars 2020.
Transfert d'une patiente atteinte de Covid-19 à l'hôpital Salengro du CHRU de Lille, le 27 mars 2020. — Chine Nouvelle/SIPA
  • La cellule Covid-19 du Samu, mise en place au début de l’épidémie du nouveau coronavirus début mars, va être allégée, dès lundi.
  • Elle concerne les patients touchés par le coronavirus mais ne présentant pas de symptômes graves.
  • Il reste environ une cinquantaine de lits de réanimation Covid-19 disponibles dans le Nord-Pas-de-Calais.

« C’est l’un des premiers effets du confinement », assure Patrick Goldstein, chef des urgences du CHRU de Lille. La cellule Covid-19 du Samu, mise en place au début de l’épidémie du nouveau coronavirus, début mars, va être allégée, dès lundi.

Cette cellule fonctionne avec le renfort volontaire d’étudiants en médecine. Elle est chargée d’évaluer les patients qui ne présentaient pas de symptômes graves en première détection. « Le nombre d’étudiants mobilisés en même temps, entre 8 h et 21 h, va passer de 25 à 15, souligne Patrick Goldstein. Mais nous les avons prévenus qu’en cas de besoin, les effectifs peuvent remonter. »

Développement des téléconsultations

Cette baisse du nombre d’appel au Samu Covid-19 s’explique par plusieurs phénomènes, selon le responsable des urgences. « Ce dispositif était majeur au début de la crise car nous recevions beaucoup d’appels, notamment des personnes anxieuses qu’il fallait rassurer. Aujourd’hui, le public a une meilleure connaissance de la maladie, une douzaine de centres médicaux dédiés ont vu le jour dans la région et surtout, le réseau des médecins généralistes, grâce au développement des téléconsultations, a pris le relais. »

Néanmoins, concernant les cas graves, « le volume de renfort reste le même », précise Patrick Goldstein. Dans les Hauts-de-France, où 330 personnes étaient décédées à l’hôpital au 1er avril, 478 personnes sont prises en charge en réanimation ou en soins intensifs dans les hôpitaux de la région, dont 90 au CHRU de Lille.

« Notre plus gros souci, actuellement, c’est le manque de matériel et de médicaments, déplore l’urgentiste. Il y a beaucoup de travail, mais nous ne sommes pas arrivés à saturation de lits, Dans le Nord-Pas-de-Calais, il reste encore une cinquantaine de places en réanimation ».

Le secteur privé prête main-forte

D’autant que le secteur privé prête main-forte. La clinique de La Louvière, à Lille, a ouvert, mercredi, les premiers dix lits de réanimation dédié au Covid-19. « Depuis le 13 mars et la sollicitation du ministère de la Santé, nous avons déprogrammé toutes les opérations chirurgicales et médicales non urgentes, ce qui représente 80 % de notre activité », explique François Guth, directeur du pôle Lille Métropole du groupe Ramsay.

Les dix cliniques de la métropole proposent, depuis une semaine, 28 lits de réanimation non Covid et 30 lits d’unité de soins intensifs qui permettent des transferts de patients non Covid depuis le CHU de Lille pour libérer des places. Lundi prochain doivent être ouverts 20 lits Covid à la clinique du Bois, à Lille.

« Pour l’instant, le CHU de Lille ne nous sollicite que pour des patients en réanimation non Covid, mais nous sommes prêts, en cas de pic épidémique », assure François Guth.