Coronavirus en mer : Les marins d’une opération militaire européenne sont également soumis à une forme de confinement

OPERATION MILITAIRE L’opération militaire navale, baptisée Foch, doit mettre en place un nouveau protocole pour éviter la contamination des 2.700 marins postés sur les navires

Gilles Durand

— 

Lors de l'opération Foch, appontage d'un Rafale sur le porte-avions Charles de
Gaulle, avec la frégate portugaise Corte Real au poste d'admiration.
Lors de l'opération Foch, appontage d'un Rafale sur le porte-avions Charles de Gaulle, avec la frégate portugaise Corte Real au poste d'admiration. — Yannick Bisson / Marine Nationale / Défense
  • L’opération Foch est le premier exercice militaire du groupe aéronaval en Atlantique et en mer du Nord, depuis dix ans.
  • Avec la propagation du coronavirus en Europe, la mission a subi quelques modifications.
  • Certains exercices ont été modifiés, notamment ceux qui prévoyaient d’accoster.

Et pendant ce temps-là, en pleine mer, une opération maritime européenne d’envergure est déployée. L’opération Foch est le premier exercice du groupe aéronaval (GAN) en Atlantique et en mer du Nord, depuis dix ans. Mais avec la propagation du coronavirus en Europe, la mission a subi quelques modifications.

Imaginez le porte-avions Charles-de-Gaulle, une vingtaine d’avions de combat, des hélicoptères, une frégate, un ravitailleur et un sous-marin parcourant les eaux au large de nos côtes depuis janvier. En tout, 2.700 marins de différents pays sont ainsi mobilisés pour cette opération consistant à « sécuriser » une « zone stratégique ». L’armée n’en dira pas plus.

Aide à un voilier en perdition

En mars, c’est d’ailleurs un hélicoptère du Charles-de-Gaulle qui est venu en aide à un voilier allemand en perdition au large de Cherbourg, dans la Manche. Une opération de secours non inscrite au programme, alors que les activités nautiques étaient déjà interdites du fait des mesures de confinement prises la veille par le gouvernement français

Depuis, la conjoncture a obligé cette « coopération régionale » militaire à réviser ses objectifs à la baisse. Contacté par 20 Minutes, l’Etat-major des armées souligne, pourtant, que « le groupe aéronaval a maintenu la programmation des opérations et manœuvres majeures qui étaient initialement planifiée (…) avec les armées de l’Air danoise, néerlandaise et suédoise ».

Néanmoins, certains exercices ont été modifiés, notamment ceux qui prévoyaient d’accoster. « Les mesures de précaution sanitaire liées à l’épidémie de Covid-19 imposent une adaptation des périodes de repos physique des marins qui, outre une escale de 60 heures à Brest, sont en mer depuis le 26 février, explique l’Etat-major. Des périodes de repos de 24 à 36 heures à quai [sans permission de sortie du navire] ou au mouillage seront effectuées. »

Les mêmes règles des gestes barrière

Même au sein des navires, les militaires sont donc soumis à des mesures sanitaires strictes avec « une zone permettant l’isolement et le suivi de personnes dont l’état le nécessiterait ». Les mêmes règles des gestes barrière s’imposent, tout comme la limitation du nombre de réunions et de personnes présentes, mais aussi des rassemblements dans les espaces de vie commune.

« Depuis le 11 mars, aucun contact physique n’a été établi entre les différents équipages des bâtiments. Les échanges se font par visioconférence », assure l’Etat-major. Tant que le moral des troupes suit…

La mission Foch doit se terminer à la fin du mois d’avril, après trois mois de déploiement, comme initialement annoncé.