Coronavirus dans les Hauts-de-France : Pourquoi, malgré le confinement, la pollution de l’air persiste

ENVIRONNEMENT L’association Atmo, qui observe la qualité de l’air, a annoncé un épisode de pollution en période de confinement

Gilles Durand
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La carte de la métropole de Lille et ses axes routiers : pendant le confinement (à  gauche), en temps normal (à droite).
La carte de la métropole de Lille et ses axes routiers : pendant le confinement (à gauche), en temps normal (à droite). — Atmo Hauts-de-France
  • L’association d’observation de l’air, Atmo, vient d’annoncer qu’un épisode de pollution atmosphérique aux particules fines (PM10) avait touché la région Hauts-de-France.
  • La diminution du trafic routier ne suffit pas pour éviter tout épisode de pollution.
  • En revanche, la pollution au dioxyde d’azote est en net repli depuis le début du confinement.

Beaucoup moins de circulation, et pourtant… de la pollution. L’association d’observation de l’air Atmo vient d’annoncer qu’un épisode de pollution atmosphérique aux particules fines (PM10) avait touché la région Hauts-de-France, vendredi et samedi. Comment est-ce possible, en pleine période de confinement lié à l’épidémie de coronavirus ?

« La circulation routière n’est qu’un des facteurs provoquant l’augmentation du taux de PM10, explique Atmo. La diminution de ce simple facteur ne suffit pas pour éviter tout épisode de pollution. Le chauffage, notamment au bois, les activités agricoles et industrielles, qui n’ont pas cessé, y contribuent aussi. De même que la circulation des masses d’air venues du Benelux et d’Europe centrale, la semaine dernière. »

Le printemps en cause

D’autant que l’arrivée de conditions printanières est propice à la formation de particules secondaires, selon Atmo. « Celles-ci se forment par la réaction de polluants déjà présents dans l’atmosphère dans des conditions particulières, la température et l’humidité, et viennent s’ajouter aux particules directement produites par d’autres secteurs que le trafic routier. »

Ce phénomène de pollution a connu une augmentation progressive jusqu’à samedi avant d’être balayé, dimanche, par l’apparition du vent.

Mais si les PM10 n’ont donc pas disparu de l’atmosphère, c’est partiellement le cas du dioxyde d’azote (NO2) significatif du transport routier et de la circulation automobile.



Baisse des concentrations en dioxyde d’azote

Atmo a fait un comparatif des résultats observés depuis le 17 mars, date du début du confinement avec ceux habituellement enregistrés en mars. « Après une semaine de confinement et la baisse notable du trafic, les concentrations d’oxydes d’azote et des traceurs du trafic routier ont nettement diminué », souligne Atmo.

Ces concentrations sont en baisse en moyenne de 40 % en proximité du trafic et de 9 % sur l’ensemble de la région. « Il reste néanmoins un niveau de fond de dioxyde d’azote, lié entre autres à l’activité de chauffage », précise Atmo qui note qu’il faudra attendre encore un peu pour « statuer sur l’incidence réelle de la baisse de trafic » dans la pollution atmosphérique générale.