Coronavirus : Et si c’était la dernière friterie ouverte dans la métropole lilloise, à l’heure du confinement ?

COMMERCE Une friterie, installée dans une zone d’activités à Hem, près de Lille, reste ouverte le midi, malgré le confinement

Gilles Durand

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La friterie De Abreu reste ouverte dans une zone d'activités de Hem, dans le Nord, pendant le confinement.
La friterie De Abreu reste ouverte dans une zone d'activités de Hem, dans le Nord, pendant le confinement. — G. Durand / 20 Minutes
  • A notre connaissance, une friterie installée dans une zone d’activités à Hem reste la dernière ouverte dans la métropole lilloise en cette période de confinement.
  • La gérante craint une rupture d’approvisionnement de la part de ses fournisseurs.

Garder la patate. Ce pourrait être la devise de la friterie De Abreu, installé depuis vingt ans dans une zone d’activités à Hem, dans le Nord. A notre connaissance, il s’agit de la dernière « baraque à frites » ambulante encore ouverte dans la métropole lilloise depuis l’annonce des mesures de confinement du gouvernement.

Mais pour Valérie De Abreu, gérante du commerce, « les temps sont durs » en cette période anxiogène de coronavirus. Jeudi midi, moins d’une dizaine de clients se sont arrêtés pour « manger une frite ». Bien loin de l’affluence de naguère.

« On passait sur la rocade et on a vu que c’était ouvert »

Deux salariés d’une société de nettoyage ont pourtant découvert cette friterie, par hasard. « On passait sur la rocade et on a vu que c’était ouvert. On ne connaissait pas », avoue l’un d’eux à 20 Minutes. Hop, petit crochet pour se restaurer sur le pouce ! Mains gantées et masque sur le nez, Valérie De Abreu s’active en compagnie de Martin, son mari. « C’est moins pratique pour servir. Ça colle un peu », plaisante-t-elle.

Car si quelques kilomètres plus loin, les friteries belges ont gardé pignon sur rue, les baraques nordistes ont souvent baissé le rideau, faute de clients ou par peur du coronavirus. « La chute de la clientèle a été flagrante dès le mercredi de la semaine dernière », raconte la gérante.

Dans cette zone d’activités où fourmille habituellement une dizaine d’entreprises, quasiment toutes ont fermé leur porte. L’enseigne Mondial Relay avec sa noria de 600 à 800 camions par jour tourne au ralenti. « Habituellement, certains routiers s’arrêtent sur leur pause de midi. Ils constituent une clientèle régulière. Désormais, on entend le silence », déplore Valérie De Abreu.

« Je n’ai pas peur de l’épidémie »

Aujourd’hui, les amateurs de « cornet de frites » se composent de quelques habitués. « Vendredi dernier, on avait l’impression de voir les gens manger des frites pour la dernière fois. C’était bizarre »

Pourtant, pas question de baisser les bras pour la gérante. « Tant que la vente à emporter est autorisée, je resterai ouverte le midi, même si l’activité n’est plus rentable. Je n’ai pas peur de l’épidémie. La vie existe encore. Je préfère donner un petit goût de plaisir aux gens plutôt que de rester chez moi », avoue-t-elle.

Sa seule crainte : que ses fournisseurs ne suivent pas. « Je dois aller directement me ravitailler chez l’un d’eux, maintenant. Et comme lui-même se fournit en Belgique, il suffit que la frontière se ferme aussi pour les marchandises pour être coincé. » Pour l’instant, la pomme de terre circule encore. L’institution régionale de la « baraque à frites » est sauve.