Coronavirus à Lille : Un élan de solidarité incroyable pour le centre hospitalier

ÉPIDÉMIE Particuliers, entreprises, institutions accompagnent le centre hospitalier dans son combat contre le coronavirus

Mikaël Libert

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Le Centre Hospitalier (CHU) de Lille (illustration).
Le Centre Hospitalier (CHU) de Lille (illustration). — M.Libert/20 Minutes

Effort de guerre. Cela fait bientôt un mois que le centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille est mobilisé pour tâcher d’endiguer, à son échelle, l’épidémie de coronavirus. Dans cette période de crise sanitaire où l’organisation, le personnel et les approvisionnements sont sous tension, l’établissement a su faire preuve d’adaptation, d’anticipation et d’ingéniosité. Mais l’épreuve serait davantage difficile à surmonter sans le formidable élan de solidarité qui s’est créé autour de l’hôpital.

Au CHU de Lille, il y a certes des problèmes, mais il y a surtout des solutions. Dès l’arrivée de l’épidémie de coronavirus en France, les stocks de gel hydroalcoolique ont été dévalisés. Les fabricants habituels de ce produit ont été pris de court et se sont retrouvés dans l’incapacité de pourvoir à la demande. Alors, avant de tomber en rade, le CHU a décidé de produire lui-même le fameux désinfectant : « Depuis deux à trois semaines, la production tourne jour et nuit et nous permet de fabriquer environ 2.000 litres par jour », explique le chef de la pharmacie de l’hôpital, Pascal Odou. Cette tâche est assurée en grande partie par des bénévoles, étudiants en pharmacie. Et pour conditionner le gel hydroalcoolique, les brasseurs du Nord ont prêté à l’hôpital une machine permettant d’automatiser la mise en flacons.

Chercher les solutions avant même les problèmes

La problématique était la même pour les masques chirurgicaux. Les stocks de FFP2 étant limités, un modèle de masque en tissu, le Garridou, a été élaboré par les équipes de l’hôpital. La production ne pouvait néanmoins pas se faire sur place. C’est là qu’est entré dans la boucle le fabricant de textile Lemahieu, basé à Saint-André. Pour étendre la production, un appel avait aussi été lancé à l’intention des volontaires. Près de 8.000 personnes se sont proposées pour coudre des Garridou.

Depuis mardi, le CHU a mis en place une cellule « technologies alternatives » à laquelle participent l’Université de Lille, plusieurs grandes écoles et des entreprises. « L’idée est de chercher des solutions de fabrication de matériels qui pourraient nous faire défaut au cours de cette crise sanitaire », explique Frédéric Boiron, le Directeur général du CHU. « Les consommables utilisés en réanimation sont en situation de tension au niveau mondial, assure Julien Poissy, médecin réanimateur. Il s’agit donc de voir si l’on ne peut pas refabriquer des tubulures de respirateurs. Ou encore si l’on peut mettre en œuvre une solution de traitement pour pouvoir utiliser plusieurs fois ces tubulures », poursuit-il.

Dans la métropole, et aussi dans la région, plusieurs initiatives ont vu le jour pour faciliter la vie des personnels soignants. Pour les loger au plus près de leur lieu de travail, il existe notamment un groupe Facebook dans lequel sont proposés des hébergements. Chaque jour, des commerçants, restaurateurs, boulangers et même la métropole de Lille, livrent des plats, des pizzas, des pâtisseries pour le personnel médical du CHU. Sans compter les garagistes qui prêtent des véhicules, la région qui offre les transports en commun et certainement de nombreux autres gestes plus confidentiels mais tout aussi généreux.