Coronavirus : « Paris est devenue la ville la moins embouteillée de France », assure un responsable de TomTom

CIRCULATION D’après les données du système de navigation TomTom, on constate quelques disparités, selon les villes, concernant la circulation routière

Gilles Durand

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Le Louvre, la Pyramide du Louvre, pendant la crise du coronavirus.
Le Louvre, la Pyramide du Louvre, pendant la crise du coronavirus. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Sans surprise, jamais la circulation n’a été aussi fluide en France.
  • Pourtant, on remarque encore, dans les grandes villes françaises, les pics habituels de circulation du matin et du soir.
  • Les données TomTom confirment un départ massif des Franciliens et des Parisiens dans la soirée du lundi 16 mars.

Sans surprise, le coronavirus a fluidifié la circulation. Pourtant, selon les données du système de navigation TomTom*, on remarque encore, dans les grandes villes françaises, les pics habituels de circulation du matin et du soir.

Cela dit, après une semaine de confinement lié au coronavirus, la circulation routière baisse de jour en jour. « Paris, d’habitude ville la plus embouteillée de France, est au contraire la moins embouteillée en cette période de confinement », constate Vincent Martinier, directeur de la communication chez TomTom.

Une congestion routière en chute libre

« On s’aperçoit d’une vraie prise de conscience à rester chez soi, à partir du mardi 17 mars », dans les six grandes villes, souligne Vincent Martinier. Avec quelques nuances. Alors qu’en temps normal, le pic de congestion – c’est-à-dire l’allongement du temps de parcours – se situe aux alentours de 70 %, Paris, Lille, Strasbourg et Toulouse ont vu descendre ce pourcentage en dessous de 20 %, dès le 17 mars. Il a fallu attendre une journée de plus, le mercredi 18 mars, pour que Lyon et Marseille réduire à leur tour la circulation.

Exemple de graphiques tirées des données TomTom. En jaune, la congestion en 200 vs la moyenne habituelle.
Exemple de graphiques tirées des données TomTom. En jaune, la congestion en 200 vs la moyenne habituelle. - TomTom

« Le phénomène lyonnais et marseillais peut s’expliquer aussi par la traversée d’autoroutes urbaines avec la circulation habituelle de poids lourds », tempère Vincent Martinier. Dans le même ordre d’idée, la semaine dernière, on a pu constater des bouchons sur l’autoroute menant à Calais, dans le Pas-de-Calais, vers les ports d’embarquement pour la Grande-Bretagne et le Tunnel sous la Manche. « La circulation des camions était restée stable, mais l’entrée dans les ferrys se faisait plus lentement car Eurotunnel et une compagnie de ferries ont abaissé le taux de chargement en raison de la pandémie de coronavirus », explique la préfecture.

Et ailleurs, en Europe ?

« Toute l’Europe est en train de se fermer », constate Vincent Martinier. Depuis le lundi 16 mars, Madrid n’affiche plus que deux petits pics de congestion à 5 % et Barcelone à 10 %, contre 50 % habituellement. Le phénomène se vérifie à Milan qui est passée de 20 % la semaine du 9 mars à 10 % la semaine du 16 mars. La courbe bruxelloise a fait la même chute, mais en trois jours, la semaine dernière.

Phénomène particulier à Amsterdam qui n’a plus qu’un seul pic de 12 % vers midi, au lieu des deux quotidiens, beaucoup plus importants d’habitude. Quant à Londres, où les premières mesures de confinement ont été prises vendredi, les premiers effets sur la circulation se sont fait ressentir le jour même.

La fuite des parisiens, le lundi 16 mars

La courbe est révélatrice : le lundi 16 mars, dans la soirée, le pic de congestion a atteint 50 % (au lieu de 40 % habituellement) à Paris et dans l’Ile-de-France, confirmant une forte concentration automobile à la sortie de la ville et de la région. C’est la seule ville qui a vécu un tel phénomène d’exode urbain. « Depuis, l’utilisation de la voiture a nettement baissé, notamment dans la capitale, complète Vincent Martinier. On constate sur nos graphiques que, contrairement aux idées reçues, la très grande majorité des gens, dans toute la France, respecte désormais les consignes. »

L’activité routière la plus soutenue se situe encore autour des hôpitaux et des grands pôles commerciaux. « Reste à savoir comment le trafic va reprendre après le confinement, note Vincent Martinier. Ce sera intéressant de voir si les comportements vont changer, vis-à-vis notamment du télétravail ou des horaires décalés. »

* Les données proviennent des 600 millions de conducteurs qui utilisent TomTom dans le monde.