Coronavirus à Lille : Le centre hospitalier lillois a développé son propre modèle de masque

ÉPIDÉMIE Face aux difficultés d’approvisionnement en masques FFP2, le CHU de Lille a mis au point une protection de visage en tissu

Mikaël Libert

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Un laborantin porte un masque FFP2 (illustration).
Un laborantin porte un masque FFP2 (illustration). — Adrien Max / 20 Minutes

Avec les moyens du bord. Depuis le début de l’épidémie de coronavirus en France, la polémique enfle sur le manque de disponibilité de masques chirurgicaux jetables, notamment les fameux FFP2. Faute de pouvoir s’approvisionner de manière régulière, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille doit gérer strictement son stock de masques pour ses personnels soignants. L’hôpital a donc élaboré un «  substitut acceptable » dont la fabrication a commencé ce samedi.

En attendant de recevoir sa part de la commande de masques passée par le ministère de la Santé, le CHU de Lille a préféré anticiper. Si l’hôpital dispose toujours d’un certain nombre de protections de visage conventionnelles, celles-ci doivent être rationnées et réservées pour les situations à risque. Plusieurs personnes ont donc planché sur une alternative, certes provisoire, mais qui répondrait néanmoins à des caractéristiques strictes.

Lavable, réutilisable et made in France

Le résultat s’appelle Garridou, en hommage à ses concepteurs : Pascal Odou, Delphine et Clémentine Garrigue et Marine Vanbremeersch. Il s’agit d’un masque dont la composition et les tissus utilisés permettent la filtration des particules à un niveau « similaire à la norme appliquée aux masques chirurgicaux classiques jetables », assure le CHU. Si ces masques ne sont pas destinés à être utilisés lors des actes invasifs ou lors des soins, ils seront « un substitut acceptable dans toutes les autres situations », poursuit-on à l’hôpital. Et le Garridou a aussi l’avantage d’être écologique puisqu’il est lavable, réutilisable et fabriqué en France.

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Avec fierté, nous sommes mobilisés. Vous avez été nombreux à nous solliciter (merci de penser à nous 😄) sur notre capacité à utiliser notre manufacture pour faire face à la menace de pénurie sur les masques de protection. En parallèle, de formidables initiatives ont spontanément émergé pour palier à ce manque et de nombreux questionnements ont été soulevés quant à l’efficacité de ce type de solution. Nous ne souhaitons pas partir tout azimut dans la fabrication de masque, sans obtenir un minimum de garantie sanitaire et surtout d'efficacité réelle. Ainsi, ces derniers jours, nous avons collaboré avec le CHU de Lille afin développer et tester en laboratoire un modèle de masque en tissu, lavable et réutilisable et ainsi contribuer aux solutions alternatives au masque chirurgical jetable. Ce modèle a été conçu avec l’aide de volontaires et bénévoles. ✅ Les tests qualité réalisés ont permis de définir le patron et la composition permettant un niveau de protection similaire en termes de particules à celui des masques chirurgicaux classiques jetables. ✅ Aujourd’hui, nous pouvons lancer dans nos ateliers la production de ces masques. Pour élargir notre production, le CHU de Lille et Lemahieu ont étendu la production à la communauté solidaire Le Souffle du Nord. Ensemble nous avons besoin de vous. Nous recherchons des couturier(e)s EN URGENCE pour assembler à DOMICILE des masques dont le modèle et les matières ont été VALIDÉS par LE CHU DE LILLE. Si votre machine à coudre est prête, que vous faites preuve de minutie, que vous avez de la disponibilité et l'envie d'aider... nous vous invitons à vous rendre sur cette page : https://bit.ly/2xebXfW Partagez ce post. Rejoignez-nous. Ensemble, nous sommes plus forts. 💪 . . . #covid_19 #solidarité #coronavirus #france #couture #medical #Lemahieu @chulille @lesouffledunord @weo_tv @tf1lejt @esprithautsdefrance @region_hautsdefrance

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La première production de 3.000 unités, destinées au personnel hospitalier, sera assurée par l’entreprise Lemahieu, située à Saint-André, près de Lille. Pour l’occasion, cette entreprise, qui fabrique habituellement de la lingerie, a relancé ses machines arrêtées en raison de l’épidémie. Dans un second temps, la production sera élargie, notamment grâce à la participation de couturiers volontaires et d’entreprises. Les masques pourront être distribués hors CHU, vendus à prix coûtant ou donnés grâce à du mécénat.

Le modèle et la marque Garridou ont été déposés « afin de limiter le risque de contrefaçons », poursuit le CHU de Lille. Pour autant, l’établissement compte bien mettre la solution Garridou à disposition des tous les hôpitaux de France.