Coronavirus : Opération fleurs gratuites chez une fleuriste de Lille « prise au dépourvu »

COMMERCE Une fleuriste lilloise a décidé d’offrir son stock de marchandises aux clients et aux voisins, avant fermeture

Gilles Durand

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La fleuriste Lydie Desrumaux dans son magasin où elle donnait les fleurs, après l'annonce de fermeture liée au coronavirus.
La fleuriste Lydie Desrumaux dans son magasin où elle donnait les fleurs, après l'annonce de fermeture liée au coronavirus. — G. Durand / 20 Minutes
  • Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, samedi soir, la fermeture immédiate de tous les commerces.
  • A Lille, une fleuriste a choisi de distribuer gratuitement son stock, qu’elle venait de réapprovisionner le matin même.
  • La commerçante avoue ne pas savoir comment gérer les commandes et les colis point relais, les prochains jours.

Opérations fleurs gratuites. Après l'annonce de fermeture immédiate de tous les commerces, samedi soir, par le Premier ministre Edouard Philippe, une fleuriste de Lille a décidé, ce matin, d’offrir toutes ses fleurs coupées aux voisins et aux clients. « Plutôt que de tout jeter, autant faire plaisir aux gens », explique Lydie Desrumaux, gérante de Fleuride, à 20 Minutes.

Et si la jeune femme garde le sourire malgré le choc de l’annonce, l’inquiétude se lit dans ses propos. « J’ai appris la nouvelle, hier soir, en allumant la télé, raconte-t-elle. J’ai eu confirmation sur le site Internet de la Fédération des fleuristes ». La commerçante se dit « prise au dépourvu ». D’autant qu’elle est allée se réapprovisionner… samedi matin.

« Des gens étaient presque gênés de ne pas payer »

« Pourquoi le président Emmanuel Macron ne l’a-t-il pas annoncé, dès jeudi soir, pour avoir le temps de se préparer ? » Aussi a-t-elle exceptionnellement ouvert son magasin, ce dimanche matin, pour faire la distribution gratuite. Distribution qui a connu un beau succès car la fleuriste est une institution familiale dans le quartier lillois Saint-Maurice Pellevoisin.

Le magasin de fleurs est ouvert depuis 1989, et Lydie Desrumaux a repris le commerce à la mort de sa mère, en 2015. « Des gens étaient presque gênés de ne pas payer mais, de toute façon, je crois que je n’avais pas le droit de vendre », avoue-t-elle.

Apprentie et loyer à payer

Si la fleuriste a pu écouler toutes ses fleurs coupées, c’est loin d’être le cas des plantes, dont elle venait de faire le plein. Sans compter les commandes à honorer, notamment pour des enterrements, et les colis point relais qu’elle héberge. « Je ne sais absolument pas si je peux ouvrir les prochains jours pour que les clients viennent les chercher. »

Dès lundi matin, Lydie Desrumaux assure qu’elle va contacter son comptable pour savoir comment s’en sortir. « J’ai une apprentie et un loyer à payer. Comment je fais ? Quelles aides sont mises en place ? Je suis quelqu’un d’optimiste, mais si cette situation dure plus de deux ou trois semaines, ça risque de devenir très compliqué ».