Coronavirus à Lille : Le fameux marché de Wazemmes en mode dégradé

EPIDEMIE Le passage au niveau 3 de l’épidémie de coronavirus a eu raison de l’affluence sur le plus célèbre des marchés lillois

Mikaël Libert

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La place du Marché à moitié vide à Lille.
La place du Marché à moitié vide à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Le grand rendez-vous populaire du dimanche, à Lille, avait triste mine ce matin. Sur le marché de Wazemmes, une bonne partie des clients et des commerçants manquaient à l’appel. Et ce n’était certainement pas pour aller voter au premier tour de l’élection municipale, mais plutôt à cause du passage au  niveau 3 de l’épidémie de coronavirus.

En fin de matinée, ce dimanche, il règne un calme inhabituel dans le quartier populaire de Wazemmes. Le gigantesque marché est réduit à sa portion congrue. Traditionnellement réservé aux fleuristes et vendeurs de vêtements, le parvis des halles couvertes est désespérément vide. Même constat du côté de la place de la Nouvelle aventure. Seuls les vendeurs de produits alimentaires ont été autorisés à s’installer dans le fond de la place.

« Il faut bien que je fasse mes courses »

Et dans les allées de ce marché drastiquement réduit, il n’y a pas foule de clients. Pour autant, les chalands venus faire leurs courses ne semblent pas effrayés, exception faite d’une toute petite minorité qui porte des masques. « Il faut bien que je fasse mes courses. Le seul truc qui m’embête, c’est que je ne pourrais pas aller prendre mon café après le marché », déplore Anne-Marie, une septuagénaire habitant le quartier. Après le départ d’Anne-Marie, Ali, vendeur de fruits et légumes, attend son prochain client : « C’est sûr que d’habitude, on n’a pas vraiment le temps de bavarder », reconnaît-il, un peu inquiet de rester avec de la marchandise sur les bras.

Dans les halles couvertes, les commerçants sont ouverts. Mais, à l’instar de ce qui se passe à l’extérieur, les allées sont clairsemées. Les visiteurs gardent leurs distances et beaucoup poussent les portes du coude.

Dans le quartier, au contraire des bars, toutes les boutiques de nourriture sont ouvertes. Le primeur de la rue Gambetta a néanmoins restreint l’accès à dix clients en même temps. « Clairement, il y a moins de monde qu’un dimanche normal. Mais honnêtement, on pouvait s’attendre à pire », témoigne un commerçant. Outre la nourriture ordinaire, on peut tout de même se faire de petits plaisirs. Le chocolatier et le caviste ont eux aussi ouvert leur rideau. Avec ça et le soleil qui perce, ce dimanche ne sera peut-être pas si triste.