Nord : Le plan social chez Cargill sera-t-il suspendu par le juge des référés ?

SOCIAL Le syndicat CGT a saisi le jugé des référés pour tenter de suspendre le plan social de Cargill prévoyant la suppression d’environ la moitié des salariés de l’usine d’Haubourdin

Gilles Durand

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L'avocat Fiodor Rilov, (à droite), avec les salariés de l'usine Cargill à Haubourdin, dans le Nord.
L'avocat Fiodor Rilov, (à droite), avec les salariés de l'usine Cargill à Haubourdin, dans le Nord. — G. Durand / 20 Minutes
  • Le tribunal de Lille doit se pencher sur un référé, déposé par la CGT, visant à suspendre un plan de sauvegarde de l’emploi à l’usine Cargill d’Haubourdin.
  • En novembre, l’entreprise d’agroalimentaire avait annoncé la suppression d’environ la moitié des postes.
  • Un rapport, mandaté par la CGT, estime que l’usine dégage des bénéfices, contrairement à ce qu’annonce la direction.

Le bras de fer s’intensifie. Le tribunal de Lille doit se pencher, la semaine prochaine, sur un référé, déposé par le syndicat majoritaire CGT, visant à suspendre un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) à l’usine Cargill d’Haubourdin, dans le Nord. En novembre, l’entreprise d’agroalimentaire avait annoncé la suppression d’environ la moitié des postes. En cause, une restructuration de la production d’amidon sur le site.

Depuis, la tension monte entre la direction et la CGT qui refuse ce plan social. D’où la procédure judiciaire lancée par le syndicat. « Les mesures de sécurité minimales ne sont pas mises en œuvre pour les salariés qui vont rester, souligne Me Fiodor Rilov, avocat de la CGT. Les charges de travail supplémentaires ne sont pas évaluées alors que les postes vont être profondément remaniés. »

Soutien de la préfecture à la direction de Cargill

Des arguments que réfute la direction : « La prise en charge psychologique des salariés est une réalité depuis l’annonce du projet de restructuration qui s’affine au fur et à mesure des réunions de travail. Elles ont permis de passer de 183 suppressions de postes à 146 licenciements sur les 312 salariés. » Dans cette affaire, Cargill va bénéficier du soutien de la préfecture qui considère, selon la loi, que la justice ne peut suspendre un plan de licenciement avant qu’il ait eu lieu.

Dernier rebondissement, vendredi, avec la diffusion d’un rapport d’expertise économique intermédiaire. Pour justifier son plan social, Cargill assure que l’usine d’Haubourdin est « structurellement déficitaire depuis plusieurs années ».

Or, ce rapport, mandaté par la CGT, estime, au contraire, que l’usine dégage six millions de bénéfices par le jeu des refacturations de services partagés à l’intérieur du groupe Cargill. « C’est une approche partisane, conteste la direction. Nous avons eu un contrôle fiscal qui confirme la régularité de nos comptes »,

Licencié pour « tentative d’agression »

Pour alimenter un peu plus l’ambiance électrique, un salarié a été licencié, la semaine dernière, pour « tentative d’agression » envers des dirigeants après une assemblée générale du personnel qui s’est envenimée, en janvier.

Un piquet de grève avait été organisé pour protester contre ce licenciement. Alors que l’usine était à l’arrêt, un acte de sabotage a été commis dans la nuit : des vannes de purge des silos de macération ont été ouvertes, laissant s’échapper 245 tonnes de glucose liquide, selon la police. Un acte « condamné » par la CGT.