Coronavirus à Lille : Des étudiants en médecine en renfort au centre d’appel du Samu

ÉPIDÉMIE Les opérateurs du « 15 » sont submergés par les appels au sujet de l’épidémie de coronavirus

Mikaël Libert

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Un point presse au CHRU de Lille sur le coronavirus.
Un point presse au CHRU de Lille sur le coronavirus. — M.Libert / 20 Minutes
  • L’épidémie de coronavirus a fait tripler le nombre d’appels reçus par le SAMU 59.
  • La plupart des personnes appelant le « 15 » ont simplement besoin d’être rassurées.
  • Environ 150 étudiants en médecine ont été formés pour aider les opérateurs du « 15 ».

« On n’est pas là pour rassurer. » Alors que l’épidémie de coronavirus est en train de s’installer dans les Hauts-de-France, le centre d’appel régional du 15, le SAMU, basé à Lille, est submergé. A tel point que des étudiants en médecine, volontaires, ont été formés à la hâte pour venir renforcer les équipes.

« Nous sommes le garde-fou pour éviter que tout le monde se précipite à l’hôpital », reconnaît le professeur Patrick Goldstein, le patron du Samu 59. Incitées par les autorités sanitaires, c’est donc naturellement vers le 15 que se tournent les personnes inquiètes d’avoir contracté le coronavirus. Sauf que ces personnes sont nombreuses, très nombreuses.

« C’est simple, le nombre d’appels a triplé. Lundi, à midi, nous en avions déjà reçu autant que lors d’une journée entière », assure le professeur, précisant qu’en ce jour de rentrée scolaire, il s’agissait « essentiellement d’enseignants ».

« Ce n’est pas notre travail de rassurer les gens »

Le problème, c’est que la plupart des appels enregistrés par le Samu 59 n’ont d’autre motivation qu’une simple inquiétude : « Dans 70 % des cas, ce sont des personnes qui ont besoin d’être rassurées. Mais ce n’est pas notre travail de rassurer les gens, le gouvernement a mis en place un numéro spécial pour cela », poursuit Patrick Goldstein.

Alors, comme il n’est pas question de raccrocher au nez des gens qui ne sont pas malades, le Samu 59 a augmenté ses effectifs de manière temporaire. « Un appel a été lancé auprès des étudiants en médecine à partir de la 4e année pour aller prêter main-forte au centre d’appel du 15 », explique le représentant du doyen de la faculté de médecine. Parmi les volontaires, 150 ont été retenus. « Ils ont tous reçu une formation de quatre heures avant d’être intégrés au dispositif », déclare le patron du Samu 59.

Une fois en poste au centre d’appel du 15, ces étudiants sont chargés de faire une présélection. « Ils sont capables de faire le tri entre la bobologie, les inquiétudes et les cas potentiels de coronavirus. Pour ce dernier point, ils passent le relais à un médecin sénior du Samu », détaille le représentant de la faculté. Grâce à l’aide des apprentis docteurs, le 15 a pu doubler sa capacité de réponse. Un renfort plutôt bienvenu, d’autant que c’est aussi le Samu 59 qui gère les appels liés au coronavirus de son homologue de l’Oise, un des principaux clusters français.