Nord : Un député LREM accuse Blanquer de « friser l’irresponsabilité » à propos du « séparatisme » religieux

POLITIQUE Après ses propos sur le séparatisme islamiste « visible » à Roubaix et Maubeuge, le ministre de l’Education nationale est accusé de « stigmatiser un territoire » par le député (LREM) du Nord, Christophe di Pompeo

G.D. avec AFP

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Christophe di Pompéo, député (LREM) du Nord.
Christophe di Pompéo, député (LREM) du Nord. — Retmen/SIPA
  • Interrogé sur la lutte contre le « séparatisme islamiste », le ministre de l’Education avait pointé les villes du Nord: Maubeuge et Roubaix.
  • Le député (LREM) du Nord, Christophe di Pompeo, a accusé Jean-Michel Blanquer de « stigmatiser un territoire et ses habitants ».

Il juge que le ministre de l’Education « frise l’irresponsabilité ». Le député (LREM) du Nord, Christophe di Pompeo, a accusé, ce lundi, Jean-Michel Blanquer de « stigmatiser un territoire et ses habitants » après ses propos sur un supposé séparatisme islamiste « visible » à Maubeuge ou Roubaix.

Interrogé mercredi sur France info sur la lutte contre le « séparatisme islamiste » et particulièrement sur les quartiers où la loi religieuse aurait remplacé la loi républicaine, le ministre de l’Education avait pointé les villes du Nord, Maubeuge et Roubaix, ou encore Garges-lès-Gonesse, dans le Val-d’Oise.

« Votre déclaration stigmatise un territoire »

« Ce sont des endroits où certains ont en quelque sorte pris le pouvoir dans la rue (…) et ça se voit, il suffit d’y aller », avait dit Jean-Michel Blanquer, déclenchant l’ire de nombreux habitants et élus locaux sur les réseaux sociaux.

« Permettez-moi de vous dire que votre déclaration n’est pas à la hauteur de ce que nous attendons de vous en tant que ministre de la République », regrette le député de la majorité Christophe di Pompeo, dans une lettre adressée au ministre de l’Education.

« En choisissant de s’attaquer au séparatisme, le président de la République a ciblé une pratique antirépublicaine sans mettre en cause tous ceux qui respectent les lois de la République (…) Votre déclaration est tout autre et va à l’encontre de la volonté qui est la nôtre : elle stigmatise un territoire, une ville et ses habitants », critique l’ancien élu PS.

« Jugements péremptoires à l’emporte-pièce »

Cette déclaration « alimente (…) des discours discriminatoires et populistes qui ont le vent en poupe. En plein débat démocratique, elle frise l’irresponsabilité », tance le député LREM.

« La population de Maubeuge, ancien bassin industriel, s’est construite comme on construit une rivière : alimentée par des ruisseaux qui ont déversé au fil des époques des Polonais, des Espagnols, des Italiens, des Portugais, des Algériens, des Marocains venus prêter main-forte aux ouvriers français (…) On vit bien à Maubeuge, les Maubeugeois sont des gens fraternels, ouverts et intelligents. Venez donc leur rendre visite et, de grâce, ne parlez pas sans savoir ! », ajoute-t-il.

« C’est exactement le type de propos que les responsables politiques nationaux devraient éviter d’avoir », avait déjà jugé, vendredi, sur BFM Grand-Lille le maire de Roubaix, Guillaume Delbar (ex-LR), regrettant des « jugements péremptoires à l’emporte-pièce ».

Le maire UDI de Maubeuge, Arnaud Decagny, a lui invité le ministre à venir dans sa ville pour voir « qu’il n’y a pas de zones de non-droit ».