Municipales à Lille : Comment se présenter et faire campagne quand on est inconnu ?

POLITIQUE Au moins deux candidats à la mairie de Lille sont inconnus et se présentent seuls, sans le soutien d’un gros parti politique

Mikaël Libert

— 

Une opération de tractage politique (illustration).
Une opération de tractage politique (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Neuf candidats se sont actuellement déclarés pour les municipales à Lille.
  • Deux d’entre eux sont presque ou totalement inconnus du grand public et sans investiture de parti.
  • Ils racontent à 20 Minutes comment ils parviennent à faire campagne avec peu de moyens.

« On fait avec les moyens du bord ». Pour les candidats aux municipales à Lille, l’engagement dans la campagne électorale est un travail à temps complet qui ne rapporte pas un rond. Pour autant, certains, soutenus par les grands partis politiques, s’en accommodent mieux que d’autres. Mais comment font les inconnus sans étiquette pour livrer bataille avec leurs adversaires, bien mieux équipés ?

Sur les neuf candidats déclarés dans la course au Beffroi de Lille, la plupart souffraient d’un déficit de notoriété auprès du grand public. Sans mentir, qui connaissait Violette Spillebout, Stéphane Baly ou Julien Poix il y a encore quelques mois ? Sauf que, respectivement investis par LREM, EELV et FLI, tous ont su se faire entendre malgré leurs patronymes anonymes.

Une campagne financée grâce à un héritage

Ce n’est pas le cas de Pierre Buissart. A 36 ans, de formation économique et commerciale, ce Lillois entend pourtant succéder à Martine Aubry. Le Lillois est aussi l’auteur de Je suis ici et ailleurs, un livre « de logique, d’épistémologie, de philosophie des sciences » qui va lui « rapporter beaucoup d’argent » et avec lequel il « vise le prix Nobel ». Mais en attendant, « je fais campagne avec mes propres moyens grâce à l’héritage de mes parents », assure Pierre Buissart.

Pas de local de campagne, il bosse de chez lui, 18h par jour, aidé par quelques bénévoles : « Des amis ou des personnes qui me suivent pour réaliser des tracts ou des affiches pour mon grand meeting au Grand Palais le 21 février », poursuit-il. Sa « lettre aux Lillois », il la distribue lui-même dans la rue ou sur les marchés. « Personne ne me fait de cadeau, même ouvrir un compte de campagne n’a pas été simple », déplore-t-il.

La distribution des tracts rationalisée

Pour Alexandre Chantry, c’est un peu moins galère. A 28 ans, il s’est fait un petit nom parmi les « Gilets jaunes » lillois et a décidé de présenter une liste intitulée «  Résistance anticapitaliste » en partenariat avec le NPA. « Je bosse en intérim, c’est pratique pour dégager du temps mais financièrement, c’est compliqué », reconnaît-il. Néanmoins, il est rodé au militantisme et sait faire beaucoup avec peu : « On a une trésorerie assez faible essentiellement abondée par les dons. Mais tout l’argent est investi dans le matériel militant », détaille-t-il.

Malgré tout, pas question de faire du gâchis : « Les grands partis distribuent des tracts à tour de bras. Nous, on en distribue moins, mais à des personnes avec qui l’on a discuté et qui liront effectivement le tract au lieu de le jeter par terre », insiste Alexandre Chantry. Et lui non plus n’a pas de local de campagne, mais des stands installés deux fois par semaine en plusieurs lieux de la ville.

La plus grosse difficulté de ces deux candidats est ailleurs. « La notoriété permet de se faire entendre, notamment dans les médias. Et, pour d’obscures raisons, je n’ai pas été invité au grand débat organisé le 25 février par Sciences Po Lille », fulmine Pierre Buissart. Alexandre Chantry n’y a pas non plus été convié : « Ce sont les cinq gros qui ont été invités d’office. Le prétexte qu’on m’a opposé était que je n’avais pas déposé de liste, sauf qu’elle le sera effectivement avant la date du débat », déplore-t-il. Pour mémoire, la date limite de dépôt des listes est fixée au 27 février, 18h.