Municipales 2020 à Lille : Cette fois, tous les candidats pédalent pour le développement du vélo

POLITIQUE (4/7) Les municipales 2020 à Lille voient apparaître un nouveau phénomène : tous les partis sont favorables au développement de la pratique du vélo

Gilles Durand

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Illustration d'un cycliste à Lille.
Illustration d'un cycliste à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • En 2020, les candidats aux municipales à Lille sont désormais tous d’accord pour faire une place de reine à la bicyclette en ville.
  • Lille reste mal classée dans le baromètre établi par une récente enquête de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB).
  • La mobilité reste une compétence de la métropole de Lille (MEL), et non de la ville.

Moins d’autos, davantage de vélos. Les écologistes se sentent moins seuls sur le sujet car, en 2020, les candidats aux municipales à Lille sont désormais tous d’accord pour faire une place de reine à la bicyclette en ville. Il était temps car Lille reste mal classée dans le baromètre établi par une récente enquête de la fédération des usagers de la bicyclette (FUB)*.

La mobilité semble devenue une priorité mais elle reste une compétence de la métropole de Lille (MEL). Et contrairement aux autres métropoles françaises, la ville phare, Lille, n’a pas les coudées franches pour peser sur toutes les décisions communautaires. « C’est toujours difficile d’obtenir les budgets pour les aménagements cyclables. On ne fait pas toujours ce qu’on veut », se plaint la maire (PS) de Lille, Martine Aubry.

« La pratique du vélo a augmenté de 67 % »

Néanmoins, depuis 2016, les pistes cyclables sont passées de 670 à 780 km au sein de la métropole et, grâce à des aides, la MEL a facilité l’achat de 10.000 vélos en 2017 pour réduire les déplacements en voiture.

« A Lille, la pratique du vélo a augmenté de 67 % depuis la mise en place de notre plan de circulation en 2016 », se félicite Arnaud Deslande, responsable de la campagne de Martine Aubry. Dans les projets de la maire figure aussi la création de douze lignes « réseau express vélo » qui doivent raccorder les communes alentour au centre-ville de Lille.

Un projet partagé par les Verts, Violette Spillebout (LREM) qui propose « 25 nouvelles voies vélo express » et Julien Poix (LFI) qui met l’accent sur le développement des vélos-rues où le cycliste est prioritaire. « L’objectif est de supprimer tous les points noirs, comme les carrefours dangereux, d’ici à la fin du mandat », promet Stéphane Baly (EELV). Car l’absence de sécurité pour les personnes âgées et les enfants est un des aspects négatifs mis en avant par les usagers, lors de l’enquête de la FUB.

Une Maison de la mobilité et du vélo

Marc-Philippe Daubresse (LR) se met aussi au vélo en adoptant le plan de l’association Droit au vélo (Adav). Il propose de « passer sur un mandat de 6 millions à 30 millions d’aménagements pour créer en particulier des autoroutes cyclables radiales et transversales sans coupure ».

Autre souci que déplorent les cyclistes lillois : les nombreux vols. Parmi les solutions proposées, on trouve, chez Violette Spillebout, l’installation de places sécurisées dans les parkings souterrains existants ou encore, chez Julien Poix, la création d’une Maison de la mobilité et du vélo.

« Ce lieu pourrait être installé à la place du parking souterrain de la Grand-Place qui deviendrait, en même temps, un grand parking à vélo », précise le chef de file LFI. L’idée étant aussi de développer la formation à la pratique du vélo et de « rendre la Grand-Place totalement aux piétons ».

Transport par navettes fluviales

Piétonniser le centre-ville est aussi une idée qui attire Violette Spillebout. Avec la construction de trois parkings silos aux abords. De son côté, Marc-Philippe Daubresse en verrait bien dix pour résoudre les problèmes de stationnement. Pour Julien Poix, Stéphane Baly et Martine Aubry, ce sont plutôt les parkings relais aux portes de la ville, voire de la métropole, qu’il faut développer.

« Je ne suis pas favorable à la piétonnisation totale de certains quartiers mais je vais proposer de piétonniser de façon temporaire certains axes, comme le boulevard de la Liberté », annonce d’ailleurs Martine Aubry.

Quant au candidat (RN), Eric Cattelin-Denu, il avoue que la mobilité « n’est pas l’axe prioritaire de sa campagne », mais qu’il est « content que le vélo se développe en ville ». « A condition de ne pas opposer voitures et vélos et que les cyclistes respectent un peu mieux les piétons et le Code de la route », assure-t-il. Son idée : développer les transports par navettes fluviales. Pour l’instant, il est le seul.

* Enquête nationale réalisée auprès de 185.000 personnes.