Municipales 2020 à Lille : Un manifeste pour transformer la friche Saint-Sauveur en « espace de nature et de production culturelle et agricole »

POLITIQUE L’association « Parc » a publié un manifeste pour Saint-Sauveur à l’intention des postulants à la mairie de Lille

Mikaël Libert

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Quel avenir pour la friche Saint-Sauveur ?
Quel avenir pour la friche Saint-Sauveur ? — M.Libert / 20 Minutes
  • Le dossier de la friche Saint-Sauveur est au cœur de l’élection municipale à Lille.
  • L’association Parc a livré ses propositions pour l’avenir de la friche.
  • L’idée étant d’en faire un poumon vert dédié à la production culturelle et agricole.

Aucun candidat à l’élection municipale à Lille ne pourra s’affranchir de la problématique de la friche Saint-Sauveur. D’ailleurs, à ce propos, chacun a sa petite idée sur ce qu’il compte faire, une fois élu, de cet immense espace de 23 hectares idéalement situé au beau milieu de la ville. Mais comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, l’association Parc Saint-Sauveur a livré un manifeste pour défendre la nécessité de préserver cet espace de nature de toute bétonisation.

Cela fait des mois que le dossier de la friche Saint-Sauveur est au cœur du débat politique et judiciaire. C’est d’autant plus vrai depuis que les candidats aux municipales à Lille se sont déclarés et ont présenté chacun leur programme. A ce propos, aucun candidat, hormis Julien Poix (LFI) et Eric Catelain-Denu (RN), ne propose de garder cet espace vierge de toute nouvelle construction. Mais pour l’association Parc, c’est pourtant la seule chose raisonnable à faire. « Il faut assumer politiquement que les 23 hectares de la friche Saint-Sauveur seront […] un espace de nature et de production culturelle et agricole », est-il expliqué dans le manifeste.

« Contexte global d’urgence absolue »

D’ailleurs, pour les rédacteurs du texte, il n’y a pas le choix vu le « contexte global d’urgence absolue » aggravé par « les conséquences d’une politique locale ». En gros, Parc souhaite utiliser la friche pour expérimenter des solutions « pour faire face à l’avenir incertain qui se profile ». Et ces solutions, l’association les déclines en plusieurs principes.

La première idée est que l’endroit soit géré de manière collective et solidaire. Un principe que l’on retrouve chez le candidat LFI avec sa proposition de « coopérative citoyenne ». Collectivement, seront expérimentées des « pratiques paysannes, d’agroécologie, de permaculture, d’artisanat ». Il y a même un volet économique au travers, notamment, de la vente de la production de la coopérative agricole et artisanale.

Dans ce « lieu non privatisé », Parc entend aussi installer des équipements et activités gratuits et ouverts à tous. Si des aménagements devaient être réalisés, ils le seront « avec les ressources existantes » : Réutilisation des pistes goudronnées pour faire du roller ou recyclage des briques du mur d’enceinte pour fabriquer un kiosque.

Mais le but est tout de même de laisser une part majoritaire à la nature. L’aider par endroits, en « renforçant la zone boisée », et la laisser tranquille à d’autres pour qu’elle « reprenne ses droits ». Ce « poumon vert » pourra aussi être relié, « via le corridor écologique des anciennes voies ferrées », à des sites tels que le stade Pierre-Mauroy, le parc du Héron ou l’université de Lille, préconise l’association.