Lille : Une boutique d’échange de vêtements au concept innovant et solidaire

INITIATIVE Chez Greendy Pact, les vêtements de seconde main deviennent une véritable monnaie d’échange

Mikaël Libert

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Camille vient d'ouvrir sa boutique de vêtements à Lille.
Camille vient d'ouvrir sa boutique de vêtements à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Acheter des vêtements neufs est devenu ringard et écologiquement douteux.
  • Le marché des fringues de seconde main se développe, notamment grâce au troc.
  • Greendy Pact propose un système de pass payants qui permettent ensuite d’échanger ses anciens vêtements.

Le seul magasin où rien n’est à vendre. De l’extérieur, la boutique de Camille Courmont a tout d’une échoppe de vêtements de seconde main comme il en existe par ailleurs. Pourtant, il manque bel et bien quelque chose : des étiquettes avec des prix. Chez Greendy Pact, rue Pierre-Mauroy, à Lille, on n’achète pas, on échange. Une remise du troc au goût du jour, mais en beaucoup mieux.

Camille Courmont, 31 ans, vient de la com. Elle a bossé dans ce secteur pendant de longues années avant de devoir s’interroger, chez son dernier employeur, sur comment réinventer le commerce face au digital. Parallèlement à cela, la jeune femme a eu une sorte de prise de conscience écologique : « J’ai découvert les dessous de l’industrie de la mode et notamment la quantité d’eau gaspillée pour fabriquer des vêtements », explique-t-elle. Fan de fringues au dressing bien rempli, Camille s’est alors demandé comment renouveler sa garde-robe de manière responsable sans pour autant sacrifier le plaisir de faire du shopping.

De l’importance d’avoir une boutique physique

Dubitative face à ses sacs remplis de fringues qu’elle ne porte plus et qu’elle n’a jamais eu le courage le vendre, la trentenaire a eu un déclic : l’échange. « J’ai réfléchi à une solution qui mixe le digital et une boutique physique en centre-ville. Le parcours shopping est important, notamment pour les femmes qui profitent de la pause de midi pour faire les magasins », assure-t-elle. Son idée, elle l’a mûrie 9 mois à Euratechnologies avant de se lancer, fin janvier.

Sur le site Greendy Pact, les clientes achètent des pass à la journée (16 euros), au mois (22 euros) ou à l’année (144 euros). Elles se rendent ensuite en boutique avec des vêtements qu’elles souhaitent échanger. Ces derniers, une fois validés, sont transformés en « greendies » : « chaque pièce vaut un greendie, sauf les manteaux qui en valent trois. Libre aux clientes ensuite de dépenser leurs greendies pour prendre ce qu’elles veulent », explique Camille.

Outre l’aspect durable de l’initiative, il y a aussi un vrai côté solidaire. Les geendies qui ne sont pas dépensés sont stockés dans une cagnotte qui servira à proposer des « vêtements suspendus » sur le même principe que les cafés suspendus pour les personnes précaires. Ce n’est pas anecdotique, en une semaine d’ouverture, Camille a déjà mis une quinzaine de greendies de côté.

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