Brexit : Les pêcheurs des Hauts-de-France sont les plus concernés par une éventuelle restriction des eaux britanniques

ECONOMIE Les pêcheurs des Hauts-de-France s’inquiètent du Brexit car 75 % des poissons capturés proviennent des eaux britanniques

Gilles Durand

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Illustration d'une pêche en mer.
Illustration d'une pêche en mer. — François Mori / SIPA
  • Les pêcheurs des Hauts-de-France s’inquiètent du Brexit car 75 % de leurs zones de pêche se situent dans les eaux britanniques.
  • A priori, il n’y aura pas de changement jusqu’à la fin de l’année, mais les négociations concernant la pêche doivent être bouclées en juillet.
  • Le quartier industriel de Capécure, où sont transformés les produits de la mer, dépend aussi pour moitié du poisson transitant par l’Angleterre.

Les pêcheurs des Hauts-de-France craignent de couler à pic avec le brexit, et ce qui s’est passé à Guernesey les inquiète fortement. En jeu, l’accès aux secteurs de pêche situés dans les eaux britanniques et dont dépendent 75 % des poissons de leurs pêches. « Nous sommes la région la plus dépendante de ces zones de pêche », note Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches des hauts-de-France.

Le « coup de bluff » de Guernesey ?

Et l’interdiction pour les pêcheurs français des eaux de l’île anglo-normande de Guernesey, depuis l’entrée en vigueur du Brexit, ne fait que renforcer l’inquiétude. Même si Guernesey a un statut spécial qui relève de la couronne britannique et non du gouvernement britannique.

« C’est peut-être un coup de bluff, mais ce qui est sûr, c’est que, si nous sommes éjectés des eaux britanniques, nous sommes morts, assure Olivier Leprêtre. Imaginez toutes les flottilles belges et néerlandaises sur des zones de pêches plus petites ! La cohabitation risque d’être compliquée. »

Ce dernier a rencontré, lundi, le commissaire européen chargé de négocier avec la Grande-Bretagne sur le sujet. « A priori, il n’y aura pas de changement jusqu’à la fin de l’année, mais les négociations doivent être bouclées en juillet. »

Un quartier industriel touché ?

La semaine dernière, le sénateur (DVD) Jean-Pierre Decool a sollicité la ministre des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, sur le sujet lors de la séance parlementaire. « La pêche sera un axe phare des négociations houleuses du Brexit, explique-t-il. Et les interrogations se posent aussi sur la concurrence induite par la possible réorientation des flux de pêcheurs européens vers notre espace maritime. »

Autre sujet d’inquiétude lié à la pêche. A Boulogne-sur-Mer, le quartier industriel de Capécure et ses dizaines d’entrepôts où sont transformés les produits de la mer, risque aussi d’être touché. Plus de 5.000 personnes y traitent près de 400.000 tonnes de marchandises par an. Et, selon Frédéric Cuvillier, maire (PS) de Boulogne-sur-Mer, « l'industrie halieutique dépend ici pour moitié du poisson transitant par l’Angleterre ».