Lille : « Les casseurs continuent à casser sans être inquiétés », dénoncent les syndicats

SOCIAL Quatre syndicats dénoncent une « politique préfectorale d’intimidation » après les interdictions et « interventions violentes » visant les manifestations lilloises

G.D. avec AFP

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Lille, le 9 janvier 2020. Première manifestation de l'année contre la réforme des régimes de retraites à Lille. ici des vitrines d'une agence immobilière visées par des manifestants cagoulés.
Lille, le 9 janvier 2020. Première manifestation de l'année contre la réforme des régimes de retraites à Lille. ici des vitrines d'une agence immobilière visées par des manifestants cagoulés. — M.Libert/20 Minutes
  • Les syndicats FSU, Force Ouvrière (FO), CGT et UNEF ont adressé une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.
  • Ils dénoncent une « politique préfectorale d’intimidation » visant les manifestations lilloises.
  • Les syndicats estiment que « les casseurs continuent à casser sans être inquiétés ».

Ils ont adressé une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Les syndicats FSU, Force Ouvrière (FO), CGT et UNEF ont dénoncé, mercredi, une « politique préfectorale d’intimidation » après les interdictions, changements de parcours et « interventions violentes » visant les manifestations lilloises.

Affirmant que les dégradations constatées lors des manifestations lilloises contre la réforme des retraites (bris de vitrines, de panneaux publicitaires ou d’abribus) émanent d’un « groupe de personnes non identifiées », ces quatre syndicats s’interrogent sur l’action des forces de l’ordre.

« Ces individus ne font l’objet d’aucune intervention de la police »

« Notre service d’ordre de la manifestation isole le cortège syndical de ce groupe d’individus », écrit l’intersyndicale. « Facilement repérables, ces individus ne font l’objet d’aucune intervention de la police pourtant massivement présente, déplore-t-elle. Les casseurs continuent à casser sans être inquiétés ».

Selon nos informations, une enquête est néanmoins ouverte pour des dégradations commises au sein d’une banque, lors de la manifestation du 9 janvier. Contacté sur le sujet, le procureur de Lille n’a pas donné suite.

Les syndicats estiment donc que la préfecture a pris prétexte de ce genre d’incidents pour imposer « des changements de parcours » et reléguer les manifestants « dans des artères où nous sommes peu visibles ». Ils soulignent en outre que, le 23 janvier, Lille était « la seule ville de France » à se voir interdire les flambeaux par arrêté préfectoral.

Politique préfectorale d’intimidation

Les quatre organisations regrettent également que les forces de l’ordre soient, « à plusieurs reprises, intervenues violemment, y compris contre les têtes syndicales, dans des rues et à des moments où aucune violence ne se produisait ».

« Il nous devient difficile, au vu de tout cela, de ne pas croire à une politique préfectorale d’intimidation dans le but de vider les cortèges de manifestants, voire de restreindre abusivement l’exercice du droit de manifester », concluent-elles.

Itinéraire alternatif, loin du centre-ville

Mercredi, plusieurs milliers de manifestants se sont encore réunis à Lille. Le parcours habituel ayant une nouvelle fois été interdit par la préfecture, le cortège a emprunté un itinéraire alternatif, loin du centre-ville.

« La gestion des manifestations est plus que problématique », a estimé Catherine Piecuch, secrétaire de la FSU pour le Nord et le Pas-de-Calais, présente dans le cortège. « Le préfet met dans le même sac casseurs et manifestants ».

« Tout n’est peut-être pas fait pour sécuriser le parcours », a-t-elle souligné, expliquant que les représentants des syndicats étaient eux-mêmes « allés voir un chantier pour leur dire de fermer », et éviter que des casseurs ne prennent du matériel.