Calais : Un campement de migrants a de nouveau été évacué par les forces de l’ordre

FAITS DIVERS Les forces de l'ordre ont de nouveau démantelé un campement de migrants, à Calais, ce mardi matin

G.D. avec AFP

— 

Illustration du campement de migrants près de Calais.
Illustration du campement de migrants près de Calais. — Jeff Gilbert/SIPA
  • Les forces de l’ordre ont démantelé un campement d’environ 150 migrants, à Calais.
  • Les associations dénoncent une opération « irrespectueuse des droits fondamentaux » et « inefficace ».
  • Les migrants se trouvaient sur le terrain d’une ancienne station-service dans la zone industrielle des Dunes.

L’opération a été effectuée dans le calme. Les forces de l’ordre ont de nouveau démantelé, ce mardi matin, un campement de migrants de Calais, ont annoncé préfecture et associations. Ces dernières dénonçant une opération « irrespectueuse des droits fondamentaux », et « inefficace ».

Au total « 145 personnes isolées, réparties dans cinq bus, ont été prises en charge » vers des centres d’accueil et d’hébergement et 22 autres « en situation irrégulière » ont été interpellées « en vue d’un placement en retenue administrative », selon un communiqué de la préfecture.

Ancienne station-service

Les migrants se trouvaient sur le terrain d’une ancienne station-service dans la zone industrielle des Dunes, proche de l’ancienne lande où des milliers de personnes s’étaient installées avant l’évacuation en mars 2016.

Leur évacuation fait suite à « deux ordonnances d’expulsion » des 22 et 23 janvier du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer, en raison de « sérieux problèmes de sécurité, de salubrité et de tranquillité (…) pour les riverains », précise la préfecture, qui évalue à 500 le nombre de migrants à Calais.

Dans un communiqué commun, l’Auberge des migrants, Utopia 56 et Human Rights Observers ont affirmé qu'« aucun document n’a été communiqué aux exilé.e.s en amont de l’opération » pour les en informer « dans une langue qu’ils comprennent ».

« Une opération coûteuse en argent public »

« Cette opération, irrespectueuse des droits fondamentaux, coûteuse en argent public, sera sans surprise, inefficace. Elle contribuera uniquement à perpétuer ce cycle insensé », critiquent ces associations, qui voient régulièrement revenir sur place les migrants après ces démantèlements.

« Leur consentement est bafoué », dénoncent-elles, estimant que « les autorités publiques sont responsables de l’existence de ces lieux insalubres et non leurs résidents ». D’autres opérations similaires d’évacuation avaient eu lieu dans le même secteur les 3 et 20 décembre 2019.