Le FN veut procéder par contres

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« Nous sommes un parti en réaction. » Carl Lang n’en démord pas. Le Front national doit pouvoir devenir majoritaire en rassemblant tous les « déçus de la droite et les trahis de la gauche ». Et c’est sur ces derniers qu’il compte, dans dix jours, pour battre la droite « socialiste » aux élections régionales en Nord-Pas-de-Calais. « La droite parlementaire est libérale et mondialiste. Moi je ne suis pas un ultralibéral : je ne veux pas ouvrir les frontières. Je veux protéger nos entreprises de la concurrence étrangère et des délocalisations. » Un discours qui chasse sur d’autres terres. Et le chef de file du Parti communiste, Alain Bocquet, ne s’y est pas trompé, dénonçant la semaine dernière la « fausse alternative » au capitalisme libéral présentée par le FN. Quel programme social, alors ? « Nous sommes contre le transfert du système de santé et de protection sociale à des sociétés privées, tels que le réalise la droite. Il faut tout transférer à l’Etat. » Et pour la région ? « Nous sommes contre la décentralisation, qui féodalise le pays. L’Etat doit être fort pour assurer à ses citoyens les mêmes droits, où qu’ils soient. » A ceux qui lui demandent pourquoi il s’intéresse à la région, il répond : « Il faut imposer le FN comme une véritable alternative. Depuis 1992, la droite y est majoritaire, mais refuse de battre la gauche en s’alliant avec nous. Si nous sommes en tête des partis de droite au premier tour, les cartes seront redistribuées à notre avantage... Et nous pourrons mettre fin à la démagogie sociale du PS et de ses alliés. » Un scénario improbable ? « Nous créerons la surprise », assure-t-on au Front national. Olivier Aballain

élections Les scores du Front national aux élections régionales correspondent à peu près aux moyennes nationales : 10,2 % en 1986, 12,9 % en 1992 (première élection de Carl Lang) et 15,3 % en 1998.