Basket-ball : L'élite du basket français et le Lille métropole basket sont-ils compatibles ?

BASKET Si le Lille Métropole Basket, qui en est à sa onzième saison d’affilée en Pro B, a l’objectif de rejoindre l’élite, la route pourrait être encore longue

Vincent Billet

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Le président du LMB, Bienvenue Djomatin.
Le président du LMB, Bienvenue Djomatin. — V.Billet / 20 Minutes
  • Le Lille Métropole Basket, qui a démarré 2020 avec deux succès d'affilée, est 10e au classement de Pro B après quinze journées.
  • Le club lillois, qui n'a plus quitté le deuxième niveau national depuis son accession en 2009, rêve toujours de rejoindre l'élite... à moyen terme. 
  • Bienvenue Djomatin, son président depuis l'hiver 2018, aimerait un accompagnement supplémentaire des pouvoirs publics pour passer ce cap important.  

2020 lui va bien. Après deux victoires pour démarrer l’année, le Lille métropole basket (10e de Pro B) va tenter d’enchaîner face à Saint-Chamond, ce vendredi soir (20h) au palais Saint-Sauveur. Avec l’espoir de repasser dans la première partie de classement. Et dans un coin de la tête, l’envie de rejoindre l’élite du basket français. A tort ou à raison ?

Oui, Lille a raison de rêver

Parce que c’est une grande métropole. Un temps, la ligue nationale avait porté le projet d’amener les grandes villes dans l’élite… Lille, qui aimerait rejoindre Lyon, Paris ou Strasbourg, dispose en tout cas d’un bassin de population, et donc de formation, important.

Parce qu’il n’est pas passé loin de la montée. En 2018, le LMB a atteint les demi-finales des play-offs, éliminé par Roanne, qui a depuis rejoint la Jeep Elite. Et onze ans d’affilée en Pro B, ça commence à faire un bail.

Enfin, parce que d'autres petits l’ont fait. Le Portel en 2016 ou Nanterre en 2011. « C’est une référence », lâche Bienvenue Djomatin, président lillois depuis 2018. Avec un budget d’1,78 million d’euros, le club francilien a pris l’ascenseur avant de s’installer dans l’ex-Pro A et de disputer la coupe d'Europe. Le rêve lillois.

Non, le LMB ne doit pas s’emballer

Parce que c’est très compliqué. Être champion au bout de la saison régulière ou remporter les play-offs n’est déjà pas aisé. Le resserrement de l’élite (de 18 à 16 clubs) en fin de saison et la concurrence accrue en Pro B (18 à 20 équipes) ne vont pas faciliter la tâche du LMB.

Parce que les chiffres font mal. Le budget moyen des champions les trois dernières saisons ? 2,78 millions d’euros, quand Lille affiche un prévisionnel à 1,83 M, le 12e de Pro B. « On est à un plafond de verre, il faudrait qu’on atteigne 2 ou 2,2 millions d’euros (de budget) », lâche Djomatin.

Parce que le LMB n’est pas prêt. Lille veut sauter le pas en prenant son temps. « On veut être prêts dans deux saisons, concède le dirigeant. Avoir les reins solides et y rester. » D’ici là, il espère un soutien appuyé des pouvoirs publics. « On peut faire des miracles… tous ensemble », glisse celui qui s’attache notamment au développement des partenariats privés. L’argent, le nerf de la guerre, en Pro B comme en Elite...