Nord-Pas-de-Calais : Saumons et frites... 500 emplois en vue pour de nouvelles usines

ECONOMIE Des industriels belge et singapourien vont installer des usines à Dunkerque et Boulogne-sur-Mer

Mikaël Libert

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Illustration d'une enfant en train de manger des frites.
Illustration d'une enfant en train de manger des frites. — closon/ISOPIX/SIPA
  • Le spécialiste de la frite surgelée Clarebout va installer une usine près de Dunkerque.
  • Pure Salmon, filiale d’un groupe de Singapour, compte investir dans l’aquaculture à Boulogne-sur-Mer.
  • Ces deux seuls projets doivent permettre la création de près de 500 emplois.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, on n’a pas de soleil, mais on est bien placés. Depuis quelques jours, les annonces d’investissements étrangers dans la région se succèdent.

Fin décembre, le géant belge de la pomme de terre, Clarebout, a dévoilé son projet d’installer une usine à Dunkerque. Lundi, Pure Salmon annonçait son intention de construire un élevage en aquaculture de Saumons à Boulogne-sur-Mer. Et ça ne devrait pas s’arrêter là.

140 millions et 320 emplois pour la patate

Le Nord est largement pourvu en producteurs de pommes de terre. C’est donc en toute logique que le spécialiste belge de la production de frites surgelées, Clarebout, a souhaité se rapprocher des cultivateurs auprès desquels il s’approvisionne déjà. L’entreprise familiale, qui emploie environ 1.600 personnes en Belgique, projette ainsi la construction d’un nouveau site de production d’une vingtaine d’hectares, l’équivalent d’environ 29 terrains de football, sur la zone des grandes industries dans l’emprise du port de Dunkerque.

Le projet prévoit un investissement à hauteur de 140 millions d’euros pour cette usine, qui sera la troisième de Clarebout. Selon nos informations, l’usine fonctionnera 24h/24 afin de produire chaque jour 1.400 tonnes de frites, flocons et autres spécialités. L’industriel a prévu la création de 320 emplois.

Reste à obtenir les autorisations administratives avant de lancer la construction. L’Autorité environnementale a déjà rendu un avis sur le projet, basé sur l’étude d’impact fournie par l’industriel. Plusieurs recommandations ont été faites, notamment l’analyse de la disponibilité de la quantité d’eau nécessaire au fonctionnement de l’usine, estimée à 1,7 million de m3 par an. L’Autorité environnementale a aussi demandé davantage de précisions sur les conséquences du projet sur la filière de production de pomme de terre et sur l’éventuelle augmentation de la circulation des poids lourds.

175 millions et 160 emplois pour le saumon

Et avec les frites, vous prendrez bien un peu de poisson. D’ici à 2023, on devrait pouvoir manger su saumon élevé dans le Pas-de-Calais. Dans le cadre du sommet « Choose France », organisé par le gouvernement, Stéphane Farouze, directeur de Pure Salmon et fondateur du fonds d’investissement 8F Asset Management (Singapour) a annoncé son intention d’installer un élevage de saumons à Boulogne-sur-Mer.

L’homme d’affaires a avancé le chiffre de 175 millions d’euros d’investissement pour la construction d’une usine qui traitera l’ensemble de la chaîne, de la naissance des poissons jusqu’à la fabrication des produits finis. Il y aura notamment toute la partie aquaculture, comprenant une écloserie et des bassins de croissance pour les poissons. Les saumons seront aussi transformés et fumés surplace. Et pour faire tourner tout ça, Pure Salmon a prévu de recruter plus de 160 personnes.

A ces deux annonces, il faut ajouter celle du géant pharmaceutique AstraZeneca qui va injecter 230 millions d’euros sur son site dunkerquois. Dans les prochaines semaines, c’est le groupe PSA qui doit confirmer la construction d’une usine de fabrication de batteries pour véhicules électriques à Douvrin, près de Lens. A la clé sont annoncés 2.500 emplois.