Hauts-de-France : Airbnb a reversé plus d'un million d'euros de taxe de séjour, les disparités sont importantes

TOURISME Toutes les entités concernées ne profitent pas vraiment de la même façon du tourisme et de la taxe de séjour reversée par la plateforme locative 

Vincent Billet

— 

De janvier à octobre 2019, Airbnb a récolté plus de 520.000 euros pour des logements situés au sein de la métropole lilloise (illustration).
De janvier à octobre 2019, Airbnb a récolté plus de 520.000 euros pour des logements situés au sein de la métropole lilloise (illustration). — V.Billet/20 Minutes
  • Airbnb, qui reverse la taxe de séjour des locations effectuées sur sa plateforme locative, a annoncé début janvier un total de 58 millions d'euros en France pour les dix premiers mois de l'année 2019.
  • La région des Hauts-de-France, qui doit notamment percevoir plus d'1,1 million d'euros, connaît de grandes disparités géographiques, la métropole lilloise récoltant près de la moitié de cette somme.
  • Cette manne financière transite par les services des impôts, avant d'être rétrocédée aux communautés de communes.

Le business de la nuitée a de l’avenir. Airbnb vient d’annoncer avoir reversé plus de 58 millions d’euros de taxe de séjour, récoltés en France sur les dix premiers mois de l’année 2019. Dont 1,1 million d’euros pour la région des Hauts-de-France, où Nord et Pas-de-Calais (619.200 et 345.000 euros) raflent la mise, loin devant l’Oise (64.600), la Somme (61.000) et l’Aisne (34.600).

La timbale est décrochée par la métropole de Lille. A elle seule, elle empoche 520.000 euros, soit 46,2 % de la taxe de séjour régionale… Une manne financière « affectée au financement des offices de tourisme et/ou aux dépenses destinées à favoriser la fréquentation touristique », indique une délibération de l’intercommunalité datant de 2015.

Wissant, 956 habitants et 5.900 euros

Car, après un transit par les caisses des impôts, ce sont bien les communautés de communes qui récupèrent la taxe de séjour récoltée par Airbnb. Les petites communes tirant leur épingle du jeu, et grandement mis en avant dans la communication de la plateforme locative, ne touchent plus rien directement. Comme Wissant (Pas-de-Calais) – moins de 956 habitants et 5.900 euros au compteur de janvier à octobre – qui doit partager le magot avec ses voisins.

Une répartition effectuée par l’intercommunalité concernée. Normalement. Car pour la Terre des deux caps, il y a un hic. D’après la directrice de l’office de tourisme, « l’argent est en attente, bloqué sur un compte du trésor public avec impossibilité de le percevoir ». Contactés à ce sujet, les services concernés ne nous ont pas encore apporté de réponse.

Le département du Nord récolte la taxe additionnelle

Et Sophie Jonquet va plus loin : « Il y a ces sommes, annoncées, mais la moralité, c’est qu’on ne touchera rien en 2019. Et les dindons de la farce sont les vacanciers ». Pour elle, « la taxe de séjour est parfois payée deux fois ». Une première par le loueur et une seconde par la plateforme à cause des modalités de perception. Les loueurs peuvent récolter la taxe au forfait, l’englobant dans un prix moyen, et Airbnb récupérer la taxe réelle, à la nuitée payée.

Pour accéder au pactole, comme les autres, la communauté de communes de la côte d’Opale est passée début 2020 à la taxe de séjour réelle. D’autres profitent déjà des bienfaits directs du tourisme. Depuis 2013, le département du Nord a fait de choix d’instituer une taxe additionnelle à la taxe de séjour (10 %), un procédé tout à fait légal. En 2019, elle lui a rapporté 524.106 euros.