Réforme des retraites : Les opposants protestent contre l’interdiction de manifester dans le centre-ville de Lille

SOCIAL Les opposants à la réforme des retraites protestent contre une nouvelle interdiction de manifester au centre-ville de Lille

Gilles Durand

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Lille, le 9 janvier 2020. Première manifestation de l'année contre la réforme des régimes de retraites.
Lille, le 9 janvier 2020. Première manifestation de l'année contre la réforme des régimes de retraites. — M.Libert/20 Minutes
  • Certains syndicats, La France Insoumise (LFI) et la Ligue des Droits de l’Homme protestent contre l’interdiction de manifester dans le centre-ville de Lille.
  • La préfecture du Nord estime que « les derniers rassemblements ont donné lieu à des débordements caractérisés ».

Liberté de manifester bafouée ? Certains syndicats, La France Insoumise (LFI) et la Ligue des Droits de l’Homme protestent contre l’interdiction de manifester, par le préfet du Nord, ce mardi et jeudi, dans le centre-ville de Lille. « Les derniers rassemblements du mouvement d’opposition au projet de réforme des retraites ont donné lieu à des débordements caractérisés par des dégradations volontaires, notamment dans les rues commerçantes, et des violences graves et répétées à l’encontre des forces de l’ordre », souligne le préfet dans un communiqué.

Décision a été prise d’éviter que le cortège n’emprunte certaines artères du centre-ville, « en raison des risques importants de troubles à l’ordre public lié aux comportements des casseurs qui se mêlent en nombre croissant aux cortèges et particulièrement à celui du samedi 11 janvier ».

« Pendant les soldes, le préfet brade la démocratie »

Sauf que samedi, la même interdiction avait été mentionnée par la préfecture. Mais pour un autre motif, selon une intersyndicale composée de la CGT, de Solidaires, du syndicat enseignant FSU et du syndicat étudiant Unef. « Pendant les soldes, le préfet brade la démocratie », dénonçait cette dernière, dans un communiqué,

Elle diffusait, ainsi, un extrait du courriel envoyé, la semaine dernière, par la préfecture pour justifier cette interdiction. A l’occasion du « premier week-end des soldes », il s’agissait de « permettre aux commerces lillois de fonctionner normalement en cette période charnière pour leur activité », écrit la préfecture.

Attitude obtuse de la préfecture

Dans un communiqué, les députés (LFI) Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis assurent que « cette attitude obtuse de la préfecture, bien loin de faire redescendre la tension, ne fait qu’exacerber l’opposition entre manifestants et force de police ». Ils demandent au préfet de « garantir le droit constitutionnel de manifester. L’entraver sur des motifs futiles est une provocation ».

De son côté, la Ligue des Droits de l’Homme regrette aussi que la préfecture ait confiné, samedi, « les manifestants, très pacifiques, dans des secteurs isolés et marginaux de la ville ». Son secrétaire de section, Gérard Minet, demande, par ailleurs, que les forces de l’ordre soient utilisées autrement que pour « tenter de scinder la manifestation et intimider les manifestants ».