Lille : Les sapeurs-pompiers vont pouvoir s’exercer au sein de l’ex-centre de détention

SECURITE Services pénitentiaires et soldats du feu du Nord ont accru leur collaboration en signant, ce lundi, deux nouvelles conventions visant à utiliser l'ancienne prison de Loos-lez-Lille

Vincent Billet

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L'aile de l'ancienne prison de Loos où pourront s'entraîner les pompiers.
L'aile de l'ancienne prison de Loos où pourront s'entraîner les pompiers. — Google maps
  • L'Etat, la direction interrégionale des services pénitentiaires (Disp) et le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) ont signé, ce lundi, deux conventions.
  • Plusieurs sites du SDIS Nord seront mis à disposition du personnel pénitentiaire, dont le parcours du groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux (Grimp).
  • Les sapeurs-pompiers, eux, auront accès à une aile désaffectée de l'ex-prison de Loos, dans la banlieue lilloise, pour s'y entraîner. 

Une ex-prison désaffectée à Loos, dans la banlieue de Lille. Une aile d’hébergement intacte, avec 300 cellules presque vides de tout. Le théâtre d’un nouveau jeu vidéo ? Pas du tout. Il s’agit du futur terrain d'entraînement des pompiers, comme le stipule une des conventions signées, ce lundi, entre l’Etat, les services pénitentiaires régionaux et les sapeurs-pompiers du Nord.

Chez les soldats du feu, Thierry Dermineur y voit deux intérêts. « C’est un bâtiment désaffecté où nous pourrons nous entraîner sur différents scénarios classiques, en occultant le fait que c’est une prison », explique le responsable du Grimp. Trois séances sont d’ailleurs programmées en février, avec escalades des façades et descentes encordées au fond d’une fosse.

553 interventions dans les prisons en 2018

« On pourra aussi y travailler les scénarios dans un milieu confiné, un incendie ou un détenu blessé dans sa cellule, sur le toit, ajoute-t-il. Il y a des règles particulières à respecter en prison ». Les pompiers du Sdis Nord y sont fréquemment confrontés, avec 553 interventions en établissement pénitentiaire en 2018.

Les détenus sont « privés de liberté, mais pas de sécurité », assure Romain Royet, le directeur cabinet du préfet des Hauts-de-France. « Ce ne sont pas des interventions classiques, il faut être prêt s’il quelque chose de grave survient », confirme Thierry Dermineur.

L’équipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris) est aussi une habituée des prisons. Ce groupe d’intervention – qui compte une quarantaine d’hommes à la Disp des Hauts-de-France – est le GIGN des services pénitentiaires. Habitué au maintien de l’ordre en milieu fermé, il peut être appelé pour intervenir dans les 17 établissements de la région (7.300 personnes incarcérées), ou sur les transferts de détenus.

Un nouvel établissement pénitentiaire toujours attendu à Loos

Deux services qui collaborent. « Il y a un partage de savoir-faire et de matériel, indique René Spiès, directeur adjoint du Sdis Nord. Nous sommes plus habitués à travailler avec gendarmes et policiers mais nous nous rapprochons de l’ensemble des services : les douanes, la police aux frontières (PAF) et les services pénitentiaires. »

Les futurs entraînements des pompiers à Loos en sont une nouvelle preuve. Ils y retrouveront l’Eris et une équipe d’extraction judiciaire, basés sur place. Avant de côtoyer bientôt, un nouvel établissement pénitentiaire qui doit notamment intégrer un quartier pour mineurs ? Le projet est sur les rails depuis plusieurs années.