JUSTICE

Le médecin au procès du meurtre du petit Marc: «Je suis parti sur un problème psy»

Le docteur Vellemans a ausculté le petit garçon sept jours avant sa mort sans repérer les maltraitances...

Ce jour-là, il a assuré quatre visites et trente neuf consultations. Inscrite au crayon de bois, celle d'Isabelle Gosselin figure à 15h. Dans la marge de son agenda. Devant la cour d'Assises de Douai, le docteur Vellemans est revenu, ce lundi, sur la journée du 17 janvier 2006. Sept jours avant sa mort, le petit Marc a été ausculté par ce médecin doté d'une «excellente réputation» et d'une «compétence en pédiatrie».

Malgré trente ans d'expérience, le praticien de 56 ans ravagé par ce procès n'a toutefois pas pensé à un cas de maltraitances en voyant le bambin de cinq ans. «Il courait partout dans le cabinet. J'ai d'abord pensé qu'il était hyperactif. Il ne répondait pas à mes questions. Il est même monté sur la table d'examen», s'est-il défendu.

Les côtes cassées, le bassin fracturé

A ce moment-là, le petit Marc avait pourtant le visage gonflé, bleui par les coups. Quatre côtes cassées, aussi. Et surtout, le bassin fracturé. «Il marchait comme un robot», de l'aveu même de François, son grand-frère. «Et vous n'avez pas procédé à un examen complet?», interroge l'avocat général. Sur le gril, le médecin s'englue dans ses réponses. «Je ne voulais pas qu'il fasse une crise d'angoisse. Je n'aurais pas su le maîtriser». Cheveux poivre et sel, Michel Vellemans dispose tout de même d'un avantage de poids face à un enfant de cinq ans.

C'est sans doute ce que pense Michel Gasteau, le président de la cour, à ce moment de l'audience. «Je ne voulais pas le faire. Mais, tant pis, on va de nouveau montrer les photos...» Sur les écrans de télévision, le visage atrocement mutilé du bambin s'affiche. Sa lèvre inférieure n'est plus qu'une immense plaie noire. La photo suivante montre des bras chétifs recouverts d'ecchymoses. «Je n'ai pas d'explication. Je suis parti sur un problème psy, lâche le docteur les yeux rivés sur ses chaussures. J'ai adressé l'enfant à un confrère.»

Philippe Cam, pédopsychiatre, s'avance alors à la barre. «Les symptômes qu'il m'a décrits évoquaient l'autisme, détaille-t-il à la cour. Mais tout coup chez un enfant doit d'abord faire penser à de la maltraitance...» Le docteur Vellemans encourt cinq ans de prison.

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