Affaire du petit Marc: la cour d'assises se penche sur le cas du docteur

JUSTICE Le praticien avait ausculté le petit Marc sept jours avant sa mort.

A Lille, Vincent Vantighem

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Il a ausculté le petit Marc sept jours avant sa mort. Après une semaine de procès dans l'affaire du petit Marc, la cour d’assises de Douai (Nord) doit se pencher lundi sur le cas du docteur Vellemans. Le praticien, qui exerce toujours à Auby, n’a pas pensé à un cas de maltraitances quand la mère s’est présentée à son cabinet avec son fils âgé de cinq ans.

A ce moment-là, l’enfant avait «le visage gonflé, bleui et des difficultés à marcher», révèle pourtant l’ordonnance de mise en accusation. Le petit Marc était décédé une semaine plus tard.

L’autopsie a révélé qu’il avait plusieurs côtes cassées, le bassin fracturé et qu’il portait les traces de 66 hématomes sur le corps. «Je n’avais jamais vu autant de coups sur un corps», a d’ailleurs témoigné à la barre le pompier urgentiste qui a découvert le corps.

«Il a été berné par la mère»

Durant les premières semaines qui ont suivi la mort de l’enfant, le médecin s’est d’abord défendu en expliquant qu’il n’avait pas pu voir le petit Marc dans son cabinet sans réagir. Une hypothèse mise à mal par une commission rogatoire.

En fouillant dans les dossiers de la caisse régionale d’assurance maladie, les enquêteurs ont bien retrouvé la trace de la consultation et même la facture qui lui correspond. «Mon client a été berné par la mère, explique Vincent Potié, son avocat qui compte plaider la relaxe. Elle lui a dit que son fils s’automutilait. Il l’a cru.»

Le médecin risque cinq ans de prison

En toile de fond, la cour d’assises devrait donc aussi se pencher sur les relations qui unissait le médecin à Isabelle Gosselin, la mère. Cette-dernière avait en effet effectué des remplacements en qualité de secrétaire au cabinet du docteur Vellemans. Elle bénéficiait donc de sa confiance.

Devant les jurés la semaine dernière, elle a toutefois expliqué qu’elle attendait une autre réaction. «Je voulais qu’il garde Marc. Qu’il le sauve.» Aujourd’hui et alors que la salle d’attente de son cabinet ne désemplit pas, le docteur Vellemans encourt cinq ans de prison pour non-assistance à personne en danger.

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