Lille : Deux ans après la mort accidentelle de deux jeunes hommes, les familles demandent une reconstitution

SOUVENIR Une centaine de personnes ont défilé à Lille, deux ans après le décès de deux jeunes hommes percutés par un TER

G.D. avec AFP

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Des affiches en mémoire des deux jeunes hommes sont placardées chaque mois dans les rues de Lille.
Des affiches en mémoire des deux jeunes hommes sont placardées chaque mois dans les rues de Lille. — F.Launay/20 Minutes
  • Deux ans après le décès de deux jeunes hommes percutés par un TER, une centaine de personnes ont défilé, à Lille, pour demander une reconstitution.
  • Le 15 décembre 2017, Sélom, âgé de 20 ans lors de sa mort, et Matisse, 18 ans, avaient été heurtés par un train régional.
  • Les familles estiment qu’ils fuyaient la police.

Ils réclament une « reconstitution » pour éclairer le rôle joué par la police. Une centaine de personnes ont défilé, samedi, à Lille, deux ans après le décès de deux jeunes hommes percutés par un TER.

« La reconstitution a été refusée deux fois par les juges, qui trouvaient que c’était trop coûteux. Notre avocat a fait appel auprès de la chambre d’instruction de Douai. La reconstitution devait être décidée hier, mais pour l’instant on est sans nouvelle », a expliqué, à l’AFP, la mère d’une des victimes, Valérie Bondu, en tête de cortège.

Information judiciaire ouverte

Derrière elle, une centaine de personnes ont pris part à la marche partie du centre-ville vers la place Caulier, à proximité immédiate du lieu de l’accident.

Le 15 décembre 2017, Sélom, âgé de 20 ans lors de sa mort, et Matisse, 18 ans, avaient été heurtés par un train régional. Sélom et Matisse sont décédés dans l’accident tandis que les deux autres avaient été blessés. Une information judiciaire avait été ouverte en décembre 2017 pour « recherches des causes de la mort ».

« Peur de se faire matraquer »

Selon Valérie Bondu, les quatre jeunes avaient eu « peur de se faire matraquer », ce qui les avait amenés à emprunter un sentier interdit au public longeant les voies de chemin de fer. De son côté, le parquet avait assuré qu’ils n’avaient « pas fait l’objet d’un contrôle de police avant l’accident », malgré une « intervention de services de police dans cette zone ».

« La reconstitution est nécessaire à l’enquête, elle nous apportera peut-être une partie de la vérité », a estimé Valérie Bondu. « Je suis tellement déçue par la justice, par la police », a déclaré Peguy Lereste, la mère de Sélom. « Psychologiquement c’est très difficile, c’est le néant complet ».