Hauts-de-France : Déjà onze cas graves à cause du « gaz hilarant », le Sénat propose une loi

PROTO Le Sénat vient de voter une loi encadrant la vente du protoxyde d'azote dont l'usage détourné a provoqué trois nouveaux gas graves dans les Hauts-de-France

Gilles Durand
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Des cartouches de protoxyde d'azote.
Des cartouches de protoxyde d'azote. — Eric Beracassat/SIPA
  • L’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a recensé, cette semaine, trois nouveaux cas graves liés à l'usage détourné de protoxyde d’azote.
  • Le Sénat a adopté une proposition de loi visant à interdire la vente aux mineurs de ce «gaz hilarant».
  • Cette proposition de loi doit encore être soumise à l'Assemblée nationale.

Le « gaz hilarant » ne fait plus rire les autorités. L’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a recensé, cette semaine, trois nouveaux cas graves de personnes présentant des « complications liées à la consommation de protoxyde d’azote », ces petites cartouches qui servent normalement à faire monter la chantilly. Il s’agit de deux jeunes femmes de 19 et 29 ans et d’un jeune homme de 18 ans.

L’usage détourné, pour ses effets euphorisants, de ce gaz peut en effet avoir des conséquences graves pour la santé avec des séquelles neurologiques irréversibles. « Au total, onze cas ont été déclarés dans la région, dans lesquels les atteintes neurologiques graves peuvent entraîner des paralysies », souligne l’ARS qui avait débloqué une enveloppe d’urgence de 200.000 euros, fin novembre.

Amende de 3.750 euros

Mercredi, le Sénat a adopté, à l’unanimité, une proposition de loi visant à interdire la vente aux mineurs du protoxyde d’azote, très facilement accessible dans le commerce. L’interdiction vise aussi les sites de commerce en ligne.

Le non-respect de cette interdiction serait assorti d’une peine d’amende de 3.750 euros. Les industriels auraient en outre l’obligation d’indiquer sur l’emballage la dangerosité du produit.

Le texte propose aussi de pénaliser l’incitation d’un mineur à faire un usage détourné d’un produit de consommation courante pour en obtenir des effets psychoactifs. Il prévoit encore d’accompagner la politique de prévention menée à l’école. Cette proposition de loi doit encore être soumise à l’Assemblée nationale.

« Une banalisation de la consommation »

« Nous assistons, depuis deux ans, à une banalisation de la consommation », a souligné la sénatrice centriste du Nord Valérie Létard, auteure de la proposition de loi cosignée par une centaine de ses collègues sur tous les bancs.

« Le souhait commun est bien d’agir devant l’importance de cette problématique sanitaire pour laquelle les leviers d’action sont complexes, multiples », a pour sa part déclaré à l’AFP le secrétaire d’Etat Adrien Taquet.

Le gouvernement semble avoir changé d’avis sur le sujet. En janvier, le député (LFI) du Nord, Ugo Bernalicis, avait aussi déposé une proposition de loi à l’assemblée nationale, visant à encadrer la vente de « proto » et à renforcer les actions de prévention. « Le gouvernement s’était montré défavorable à cette proposition », avait-il regretté.