Quand Lille ferme ses bains municipaux, Tournai choisit de les rénover

SOCIETE La commune frontalière belge avait la volonté politique de maintenir ce service public

Mikaël Libert

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Les bains-douches municipaux de Tournai, en Belgique.
Les bains-douches municipaux de Tournai, en Belgique. — Commune de Tournai
  • Lille a fermé définitivement ses bains-douches municipaux en avril.
  • Sa voisine belge de Tournai, elle, a décidé de reconstruire les siens.
  • Pour cette commune de Wallonie, il s’agit de maintenir un service public.

Quand on veut, on peut. Alors qu’en avril la ville de Lille annonçait la fermeture de ses bains municipaux, Tournai, sa voisine belge, vient tout juste de reconstruire une installation similaire. Pour cette commune de Wallonie, il n’est pas question de chercher la rentabilité mais bel et bien de maintenir un service public.

Situés à dans le quartier de Fives, à Lille, les bains municipaux ont définitivement fermé leurs portes, fin avril. La mairie avait argumenté que l’équipement était « dégradé », qu’il ne « répondait plus aux besoins des usagers » et avait proposé des solutions alternatives dans plusieurs structures, notamment associatives, à différents endroits de la ville. Une décision politique vivement critiquée par le député LFI Ugo Bernalicis.

«Maintenir ce service public coûte que coûte»

De l’autre côté de la frontière franco-belge, le collège communal (conseil municipal) de Tournai a vu les choses autrement. « Les anciens bains-douches se trouvaient dans un îlot qui devait être entièrement réaménagé en quartier mixte. Dès le début du projet, en 2016, il a été décidé de garder cette installation », explique Joseph Godet, conseiller du bourgmestre. Mieux, comme l’ensemble du pâté de maisons a été détruit, les bains-douches ont été reconstruits dans une version moderne, fonctionnelle et moins énergivore. « Pour nous, c’était un véritable choix politique de maintenir ce service public coûte que coûte », poursuit-il. Et pendant les travaux, le service a même été transféré dans des préfabriqués pour ne pas léser les utilisateurs.

A Tournai, commune qui n’est pas « particulièrement pauvre », c’est une question de solidarité. « Entre 10 et 15 % des utilisateurs sont des personnes sans abri qui peuvent en bénéficier gratuitement. Il y a aussi des personnes dans des situations fragiles mais tout le monde peut y aller, c’est un public assez varié en somme », insiste Joseph Godet, précisant que le tarif était d’un euro.

Des projets similaires dans d'autres villes en Belgique

Pourtant, au vu des chiffres de fréquentation, Tournai aurait pu se replier sur une solution moins onéreuse comme ce fût le cas à Lille. « Nous tournions autour de 1.200 à 1.700 entrées annuelles avant les travaux. Mais finalement, dans le projet global, le coût de la reconstruction n’était pas si élevé. Et les coûts de fonctionnement sont assez faibles », assure Jawad Lawrizi, chef de la division Sports et loisirs de la commune.

Même sans exploser le budget, nos voisins belges ont bien fait les choses : cinq douches individuelles, quatre espaces bain, une douche PMR et un espace famille. Le tout avec des surfaces comprises entre 5 et 8 m2. « Les cabines sont nettoyées après chaque utilisation et tout est fait pour préserver l’anonymat des usagers. Notamment avec l’entrée des bains-douches qui se trouve un peu à l’écart », insiste le chef de division.

Et si Tournai est la seule ville belge à posséder ce type d’installation municipale, son initiative pourrait rapidement faire des petits. Selon le conseiller du bourgmestre, des projets sont actuellement à l’étude à Liège et Namur.