Lille : « Légaliser le cannabis, c’est plus un choc social que sanitaire », assure un universitaire lillois

SOCIETE Un professeur d’économie lillois, spécialisé dans le drogues, réagit à une mission d’information parlementaire qui doit être lancée prochainement sur tous les usages du cannabis

G.D. avec AFP

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Illustration d'une prise de stupéfiants par la police.
Illustration d'une prise de stupéfiants par la police. — M.Libert / 20 Minutes
  • Une mission d’information parlementaire doit être lancée prochainement pour « éclairer le débat public » français sur tous les usages du cannabis.
  • Pour l'universitaire Lillois Christian Ben Lakhdar, « la légalisation du cannabis, c’est plus un choc social qu’un choc sanitaire ».

La question de la légalisation du cannabis va-t-elle revenir dans les débats ? Une mission d’information parlementaire doit être lancée prochainement pour « éclairer le débat public » français sur tous les usages du cannabis, y compris récréatif, selon l’AFP qui a demandé son avis à un universitaire.

« La légalisation du cannabis, c’est plus un choc social qu’un choc sanitaire. Cela nécessite de mettre un coup de pied dans la fourmilière des banlieues », estime Christian Ben Lakhdar, professeur d’économie à l’université de Lille. Selon ce spécialiste des drogues, environ 100.000 personnes participent plus ou moins régulièrement au trafic en France.

Créer « des emplois légaux liés au nouveau marché du cannabis »

Si l’Hexagone, premier pays consommateur d’Europe, passe à la légalisation, les dealeurs actuels seront « probablement les oubliés du système », craint cet universitaire qui recommande de créer « des emplois légaux liés au nouveau marché du cannabis » dans les anciennes zones de trafic.

La métropole de Lille est particulièrement concernée par le phénomène. Par exemple, la semaine dernière, le maire (DVG) de Villeneuve d’Ascq, près de Lille, avait évoqué son ras-le-bol face « aux trafics de stupéfiants qui perdurent » dans sa commune et qui « engendrent des incivilités et des violences dont souffrent les habitants des quartiers touchés ».

« L’Etat doit assumer ses responsabilités »

« A la suite d’une nouvelle agression [par un dealer] dont a été victime un membre du personnel du lycée Queneau, la ville dit stop et demande à l’Etat d’assumer ses responsabilités afin d’assurer la sécurité de tous et partout », fulmine Gérard Caudron, dans un communiqué.

C’est une enseignante qui a été menacée alors qu’elle appelait la police pour une voiture mal garée qui l’empêchait de sortir, en fin de journée.

L’élu précise, qu’en octobre, déjà, « alors qu’il tentait de calmer une bagarre devant ce même lycée, un autre membre du personnel avait été agressé par un dealer ».