Nord : La société Tim Quaëdypre en liquidation judiciaire, des salariés portent plainte contre X pour escroquerie

ECONOMIE Le tribunal de commerce de Lille a prononcé, ce mercredi, la mise en liquidation du fabricant de cabines d’engins de chantier Tim, deux ans après sa reprise

G.D. avec AFP

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L'usine Tim, à Quaëdypre.
L'usine Tim, à Quaëdypre. — Google Maps
  • Le fabricant de cabines d’engins de chantier, Tim, près de Dunkerque, a été placé en liquidation judiciaire, ce mercredi, par le tribunal de commerce de Lille.
  • L’usine emploie environ 300 salariés.
  • Des salariés de Tim portent plainte contre X pour escroquerie.

« L’argent public a été dilapidé », dénonce un syndicaliste. Le tribunal de commerce de Lille a prononcé, ce mercredi, la mise en liquidation du fabricant de cabines d’engins de chantier Tim, qui emploie 304 personnes à Quaëdypre, dans le Nord. En difficultés financières, l’entreprise avait été placée, fin août, en redressement judiciaire, à sa demande.

« Tout le monde sait [qu’ils vont perdre leur emploi], avait reconnu lundi auprès de l’AFP le président du Conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Hélas, comme il n’y a pas de repreneur, on risque d’aller vers une liquidation juridique. On est en train de travailler aujourd’hui à trouver un repreneur et de l’activité après liquidation. »

Sépode retire son offre

L’entreprise normande, Sépode, qui avait proposé de reprendre 40 salariés, a retiré son offre. Selon Xavier Bertrand, le « bâtiment pourrait être partagé en deux pour avoir deux activités différentes ».

La société allemande d’engins de chantier Atlas GMBH, contrôlée par l’homme d’affaires bulgare Fil Filipov, avait repris l’entreprise Tim en juillet 2017, la sauvant de la liquidation et conservant alors 446 des 470 emplois.

L’entreprise emploie désormais 304 salariés, après qu’une centaine de salariés sont partis, à l’été 2018, dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective. Selon une source proche du dossier, « le carnet de commandes ne cesse de se détériorer dans des proportions sidérantes », de sorte que « la plupart des clients sont partis ou en voie de partir », à l’image du géant américain Caterpillar, principal client.

Plainte contre X pour escroquerie

« On avait tout pour réussir et aujourd’hui, on est au bord du gouffre, témoigne le syndicat FO à 20 Minutes. Au moment de la reprise, on est parvenus à rattraper un retard de 1.000 cabines en quelques semaines. »

Pour FO, « c’est la mauvaise gestion qui est en cause ». Le syndicat annonce que dix salariés ont d’ailleurs porté plainte contre X pour escroquerie, la semaine dernière, auprès du tribunal de grande instance. La plainte vise l’opération de reprise menée en 2017.

En 2017, le tribunal de commerce « avait dit que c’était la société Atlas qui allait reprendre, mais en réalité M. Filipov voulait être personnellement l’acquéreur des parts », avait résumé à l’AFP l’avocat des salariés, Me David Brouwer, le 22 novembre. « On a découvert dans le cadre d’une expertise comptable que la société Atlas lui a rétrocédé les parts pour un euro symbolique, contre l’avis du tribunal de commerce », avait ajouté l’avocat.

Le repreneur n’a pas tenu ses engagements

Interrogée par l’AFP sur la situation des salariés, la secrétaire d’Etat à l’Economie, Agnès Pannier-Runacher, a assuré, lundi, que Bercy avait « débloqué » les deux millions d’euros de prêt promis par l’Etat.

« Le sujet, c’est le repreneur qui n’a pas tenu ses engagements. On le déplore, on a poussé au maximum, on a cherché des repreneurs, il a bloqué des repreneurs potentiels. Les salariés ne sont pas dupes de ce qui s’est passé », a-t-elle confirmé, en marge d’un déplacement à l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve, dans le Nord.

Une réunion avec le sous-préfet de Dunkerque pourrait se tenir la semaine prochaine pour ne pas « laisser les salariés de Tim désemparés », selon Xavier Bertrand.