Un Nordiste a couru 275 km en 41 heures, quasiment non-stop

ENDURANCE Guide de montagne, Maxime Gauduin vient de remporter une nouvelle épreuve d’endurance en parcourant 275 km en deux jours et presque deux nuits

Gilles Durand
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Maxime Gauduin lors de la Diagonale des Fous, au piton de la Fournaise, à La Réunion, en 2018.
Maxime Gauduin lors de la Diagonale des Fous, au piton de la Fournaise, à La Réunion, en 2018. — Marion Counil
  • A 32 ans, Maxime Gauduin, originaire de Brebières dans le Pas-de-Calais, a remporté la première édition de la "Chartreuse Backyard ultra", une course d’épuisement.
  • En 41 heures, il a parcouru 275 km.
  • Il est éducateur sportif et guide de haute montagne dans l’Isère.

Il a couru deux jours et presque deux nuits de suite. Maxime Gauduin fait partie de ces humains qui savent maîtriser leur fatigue. A 32 ans, ce Nordiste, qui a vécu toute son enfance à Brebières, entre Arras et Douai, dans le Pas-de-Calais, est devenu le premier vainqueur d’une nouvelle course d’endurance, ou plutôt d’épuisement : la «Chartreuse Backyard ultra ».

Inventée aux Etats-Unis en 2011, cette épreuve a vécu sa première édition française, fin octobre, en Isère. Il s’agit d’enchaîner, sans fléchir, un maximum de boucles de 6,706 km en une heure maximum. Le principe général est de parcourir 100 miles (161 km) en 24 heures. Maxime Gauduin est allé au-delà, avec 41 heures de course, soit une distance d’environ 275 km. Quasiment non-stop.

« La course s’arrête au dernier homme debout »

« Ma stratégie était de finir les boucles en 50 minutes environ pour avoir une dizaine de minutes à me ravitailler et me reposer, sans que le muscle n’ait le temps de se raidir. Et par trois fois, j’ai terminé la boucle en moins de 40 minutes pour pouvoir m’allonger et dormir un peu », explique Maxime Gauduin.

La gestion physiologique du corps était visiblement la bonne. Restait à tenir le plus longtemps possible. Des 63 participants au départ, il n’en restait que deux au bout de la 30e heure. Son dernier adversaire a craqué à la 40e heure. « Je me voyais aller jusqu’à la 45e heure pour finir la nuit. Je n’ai pas ressenti la fatigue, seulement quelques douleurs à la jambe. Mais le règlement impose que la course s’arrête au dernier homme debout. J’ai fait le dernier tour seul. »

Maxime Gauduin a remporté la première course d'épuisement organisée en France.
Maxime Gauduin a remporté la première course d'épuisement organisée en France. - Marion Counil

Avec cet exploit (19e performance de l’histoire de cette course), le Nordiste – qui habite aujourd’hui dans la région de Grenoble – a donc gagné le droit de prendre part l’an prochain à la « Backyard Big dog ultra » américaine où se retrouvent, chaque année, les meilleurs compétiteurs du monde. Mais attention, le record est établi à 68 h.

« J’étais très bon en sport »

Cette passion pour l’endurance est née assez jeune chez Maxime. Après quelques années de natation, l’adolescent découvre la course d’orientation à Douai, où il est toujours licencié. « J’étais très bon en sport. Avec le club ou avec mes parents, on voyageait beaucoup à la montagne. J’ai fini par venir m’y installer, après une année à la fac de Lille. »

Depuis, il est devenu éducateur sportif et guide haute montagne. « Je ne m’entraîne pas particulièrement pour ce genre de course, mais mon métier m’aide beaucoup car si l’intensité de l’effort est faible, il faut tenir longtemps debout, tous les jours. »

Après avoir créé son agence de voyages spécialisée dans les séjours trails, cette année, Maxime Gauduin espère un jour prendre part à la Barkley, « réputée pour être la course la plus difficile du monde ». « Je suis toujours à la recherche de sensations nouvelles, pour savoir jusqu’où le corps est capable d’aller. »

Un stage « Bassin Minier » ?

L’an prochain, il viendra faire un saut sur la Côte d’Opale, dans le Pas-de-Calais, pour organiser un stage trail. « C’est une manière de mettre en avant le Nord-Pas-de-Calais et de montrer que les sports outdoor se pratiquent partout. Effectivement, j’ai longuement hésité entre les terrils, mon terrain de jeu d’adolescent avec les copains, et la Côte d’Opale. »

La renommée du Trail Côte d’opale l’a amené à choisir cette destination. « Mais un stage « Bassin Minier » pourrait voir le jour dans le futur, qui sait ? »