Lille : Déçus par LREM, les « Marcheurs libres » créent leur propre mouvement national

POLITIQUE Les déçus de La République en marche (LREM) viennent de créer, ce samedi à Lille, leur propre structure autonome baptisée « Les marcheurs libres »

G.D. avec AFP

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Les «marcheurs libres» ne croient plus aux slogans de LREM.
Les «marcheurs libres» ne croient plus aux slogans de LREM. — Amez / SIPA
  • Une cinquantaine de militants de La République en marche (LREM) se sont réunis, ce samedi, à Lille, pour lancer une structure autonome, « Les Marcheurs Libres ».
  • Ils se disent déçus de la « verticalité » du fonctionnement de LREM et du « manque d’écoute » de leurs dirigeants.
  • Cette nouvelle structure n’exclut pas de présenter des candidats lors des prochaines municipales.

Ils y ont cru. Face au constat de la « verticalité » du parti et du « manque d’écoute » de leurs dirigeants, plusieurs dizaines de militants ou sympathisants de La République en marche (LREM) se sont réunis à Lille pour lancer une structure autonome, « Les Marcheurs Libres ».

En sa qualité de président, Didier Montier a justifié la création de ce « think-tank » ayant les statuts d’une association loi 1901 par « l’éloignement aux valeurs de probité, de transparence et de cohérence » qui animaient initialement, selon lui, le mouvement « En Marche », créé par Emmanuel Macron en avril 2016.

« Aujourd’hui, si vous n’êtes pas d’accord, vous partez »

« Nous pensons qu’il y a des déviances actuellement, il suffit de regarder les investitures qui ont été faites pour les municipales, ça manque de cohérence et de probité, c’est le moins qu’on puisse dire », a-t-il expliqué à l’AFP.

Tout en affirmant « soutenir » l’action du président de la République et ne pas vouloir entrer « en dissidence », les membres fondateurs de cette nouvelle entité ont blâmé le « manque d’écoute » des instances dirigeantes de LREM. « Aujourd’hui, si vous n’êtes pas d’accord, vous partez, on vous le fait comprendre, ou on supprime votre comité », a affirmé Didier Montier.

« Nous ne sommes pas frondeurs »

« On marche sur la tête », dénonce Christian Jasko, suppléant de la députée LREM de la 6e circonscription de l’Oise, évoquant sa propre expérience. Marcheur depuis le début, il a été « exclu » pour avoir maintenu sa candidature à la mairie de Compiègne (Oise) aux prochaines élections municipales, son parti ayant choisi de soutenir le candidat issu de l’UDI.

L’association, qui ne compte aucun élu parmi ses 450 membres revendiqués, a déjà défini sa position pour la campagne des municipales. « Nous ne sommes pas frondeurs. Là où il y a un candidat "En marche", on ne présentera personne en face », a souligné Sébastien Verschueren, porte-parole de l’association.

« Mais, prévient-il, dans le cas d’un maire qui n’est pas "En marche", même s’il reçoit le soutien du parti, il n’est pas impossible qu’il ait face à lui un candidat investi par les Marcheurs libres ».