Procès des antispécistes : Relaxe et prison avec sursis pour les antispécistes qui avaient vandalisé des commerces et garder le silence au procès

JUSTICE Lors de leur comparution pour dégradations de commerces de bouche, des militants de la cause animale sont restés silencieux

Gilles Durand

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La vitrine de Canard Street à Lille, vandalisée en juin 2018.
La vitrine de Canard Street à Lille, vandalisée en juin 2018. — M. Libert / 20 Minutes
  • Trois militants antispécistes et pour la cause animale ont comparu, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel pour dégradations de commerces de bouches.
  • Les actions de vandalisme avaient eu lieu en avril 2017 et mai et juin 2018.
  • Les prévenus ont préféré garder le silence devant le tribunal.

Mise à jour, le mardi 26 novembre : Delphie M. a écopé de six mois de prison avec sursis et d’un stage de citoyenneté et Jean-François G. a été condamné à un stage de citoyenneté. Ils doivent aussi 3.000 euros au titre des préjudices moral et matériel à la fédération des Bouchers et au syndicat départemental de la boucherie-charcuterie. Quant à Fabian S., qui ne s’était pas présenté à son procès, il a été relaxé.

Ils ont gardé le silence durant tout le procès. Trois militants antispécistes et pour la cause animale devaient comparaître, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel pour dégradations de commerces de bouche en avril 2017 et en mai et juin 2018. Des inscriptions « stop au spécisme » avaient notamment été taguées sur les façades et des pavés avaient été jetés sur les vitrines.

Parmi la vingtaine d’enseignes lilloises touchées par ces opérations nocturnes, seulement trois ont porté plainte : la boucherie L’Esquermoise, la poissonnerie Le Petit Mousse et le restaurant Canard Street.

Un prévenu absent de l’audience

« On espérait connaître les motivations de ces dégradations. On ne saura rien », regrettait le président du syndicat départemental de la boucherie, Laurent Rigaud, à l’issue d’une audience qui a duré beaucoup moins longtemps que prévu. Ce dernier s’était constitué partie civile pour les commerçants dans ce dossier.

Le débat a été vite écourté car les deux mis en cause, présents lors de l’audience, Delphie M. et Jean-François G., avaient décidé de garder le silence devant le juge. Ils n’ont voulu répondre à aucune question.

Quant à Fabian S., le troisième prévenu, il ne s’est pas présenté. Ne restait à leurs avocats qu’à réclamer la relaxe pour défauts de preuve. La décision du tribunal sera rendue le 21 novembre.

Des traces ADN

Dans cette affaire, ce sont tout d’abord des traces ADN sur des pavés retrouvés sur les lieux de vandalisme qui ont permis d’identifier deux des suspects. « La défense conteste la manière dont les scellés ont été confectionnés », précise Me Damien Legrand, avocat de la partie civile, mais selon lui, la culpabilité des trois militants ne fait guère de doute.

« En avril 2017, deux d’entre eux, portant des masques de museaux de vache, avaient été contrôlés par des policiers devant une boucherie souillée de liquide rouge. Ils ont revendiqué avoir aspergé la façade en guise de protestation et faire partie d’un comité de lutte contre l’abattage massif des animaux », explique l’avocat.

« On craint que ça recommence »

Par ailleurs, les enquêteurs ont retrouvé un communiqué diffusé sur un blog d’activistes vegan et intitulé « Boucheries lilloise : soldes à sang pour sang ». Le message considérait que « les boucheries [étaient] le dernier maillon de la filière de la mort ».

« Depuis la vague d’arrestation et les premières condamnations, plus aucune dégradation n’est à déplorer, mais on craint que ça recommence », glisse Me Damien Legrand. Le préjudice matériel des commerçants est estimé à environ 30.000 euros.