Lille : Le futur métro, prévu pour 2023, a été officiellement dévoilé

TRANSPORTS Prévu pour être mis en service en 2015, le doublement du métro lillois de la ligne 1 devrait intervenir en 2023

Gilles Durand

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Le futur métro de Lille de 52 m, construit par Alstom.
Le futur métro de Lille de 52 m, construit par Alstom. — G. Durand / 20 Minutes
  • La future rame de métro de 52 m a été présentée, ce jeudi, au technicentre de Transpole à Villeneuve d’Ascq.
  • Ces rames doivent entrer en service en 2023 sur la ligne 1, après avoir été programmées pour 2015.
  • Le président d’Alstom admet « une partie de responsabilité sur le retard du chantier ».

Elle doit être mise en service en 2023. La future rame de métro de 52 m (contre 26 m actuellement) a été présentée, ce jeudi, au technicentre de Transpole à Villeneuve d’Ascq, lors des assises des mobilités et de l’accessibilité de la Métropole de Lille (Mel). Une rame « boa » – c’est-à-dire sans séparation – qui fait figure de véritable serpent de mer, tant le sujet fait polémique depuis la décision de doubler les rames de métro prise en… 2011.

Sept ans de réfection

En décembre 2011, ce qu’on appelait à l’époque la communauté urbaine de Lille votait plusieurs délibérations prévoyant le doublement des rames de métro sur la ligne 1. Un projet estimé à 510 millions d’euros (passé depuis à 600 millions) car les travaux d’extension devaient également concerner l’aménagement des stations. Par chance, lorsque le métro de Lille a été mis en service en 1983, le doublement des rames avait déjà été anticipé dans l’architecture des stations. Pourtant, depuis sept ans, le chantier est resté cahoteux, accumulant les problèmes techniques. Le nouveau métro devait voir le jour fin 2015. La nouvelle échéance a été fixée à avril 2023.

L'intérieur du futur métro de Lille, dont la mise en service est prévue en 2023.
L'intérieur du futur métro de Lille, dont la mise en service est prévue en 2023. - G. Durand / 20 Minutes

Ce que ça va changer

Fin 2021, un nouveau poste de commande centralisé et de nouveaux dispositifs de communication entre les trains vont être installés sur la ligne 1. D’ici là, les tests vont continuer la nuit. En 2023, 27 rames de 52 m pourront accueillir 545 passagers chacune, toujours sur la ligne 1. Soit une augmentation de la capacité à transporter des voyageurs de 50 %. « Le nouveau système sera moins coûteux à maintenir et plus souple à exploiter », assure la Mel. La ligne 2, quant à elle, verra débarquer 27 rames supplémentaires de 26 m, lesquelles ne seront plus opérationnelles sur la ligne 1. Avec une augmentation de capacité de 30 %.

Un défi technologique

En 2012, la décision de confier le chantier à Alstom avait été une mini-surprise, dans la mesure où la technologie du métro lillois – à l’époque révolutionnaire – avait été développée par le concurrent allemand Siemens. Il a donc fallu entièrement revoir le système de pilotage. « C’est un projet ambitieux et complexe », avoue Jean-Baptiste Eyméoud, président d’Alstom, qui reconnaît « une partie des responsabilités sur le retard ». Point positif pour la région : le choix d’Alstom permettait de remplir le carnet de commandes de l’usine de Petite-Forêt où les 27 rames de 52 m doivent être assemblées. Cinq sont déjà terminées.

Une pomme de discorde

Le retard du chantier est devenu un véritable enjeu financier pour la Mel. Il a fallu renégocier le contrat au risque de voir le fabricant jeter l’éponge. Après une année de transaction, un nouvel accord a été conclu, en juin. « Nous avons redéployé les 53 millions de pénalités pour nous engager sur un nouveau planning », souligne Alain Bernard, vice-président aux finances de la Mel. Ne reste qu’à patienter encore un peu.