Hauts-de-France : Les travaux de la ligne électrique Avelin-Gavrelle sont lancés

ENERGIE Il aura fallu huit ans au Réseau de transport d’électricité (RTE) pour que son projet devienne concert

Mikaël Libert

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Le projet de ligne THT Avelin-Gavrelle.
Le projet de ligne THT Avelin-Gavrelle. — RTE

Beaucoup de patience et encore davantage d’argent. Cela fait huit ans que Réseau de transport d’électricité (RTE) a posé sur la table son projet de reconstruction de la ligne à très haute tension (THT) reliant la commune d’Avelin, dans le Nord, à celle de Gavrelles, dans le Pas-de-Calais. Pour que les premiers coups de pioche puissent être donnés, l’opérateur y est allé à coups de millions d’euros de « mesures compensatoires ».

RTE a obtenu, fin octobre et début novembre, les deux dernières autorisations qui manquaient pour donner le coup d’envoi du chantier. D’ici à 2021, 78 gigantesques pylônes vont donc être installés pour supporter des lignes de 400.000 volts entre Avelin et Gavrelle. Le but étant de « sécuriser l’alimentation électrique de Lille et d’Arras ». Si ces dernières autorisations ne sont pas purgées d’éventuels recours, ces derniers ne seraient de toute façon pas suspensifs. Pour en arriver là, RTE a dû lâcher du lest lors des procédures de concertation publiques et le montant des concessions dépasse les 55 millions d’euros, soit un quart du budget global de 215 millions d’euros.

Le très onéreux enfouissement des lignes

La mesure compensatoire qui aura coûté le plus cher à RTE, c’est l’enfouissement de lignes électriques annexes dans le secteur concerné par les travaux. Pour trois lignes haute tension, comptez 27 millions d’euros. Pour l’enfouissement de 28 km de lignes moyenne tension, 6 millions. « En tout, nous faisons disparaître 280 poteaux électriques et cela concerne 420 maisons », détaille Cyril Wagner, directeur du projet. Soit près de 80.000 euros par maison.

Les travaux d'enfouissement des lignes électriques.
Les travaux d'enfouissement des lignes électriques. - RTE

Un peu moins onéreux, il y a la mesure d’indemnisation du « préjudice visuel ». Pour cela, RTE avance un peu dans le flou même si ce sont déjà 6 millions d’euros qui ont été budgétisés dans ce cadre. « Nous avons reçu 781 demandes de particuliers alors que nous en attendions environ 500. Le montant des indemnisations sera fixé à l’aide d’une grille en cours d’élaboration par une commission indépendante », poursuit le directeur du projet. Les montants pourraient aller de « quelques centaines d’euros à quelques dizaines de milliers d’euros ».

Pour certaines communes traversées par la ligne THT, c’était aussi l’occasion de se faire financer des projets qui n’auraient peut-être pas vu le jour. RTE a ainsi bloqué 6 autres millions pour un Plan d’accompagnement du projet qui a permis, entre autres, la construction d’une médiathèque à Courcelles-lès-Lens, d’une micro crèche à Neuvireuil ou d’une extension de l’école de Moncheaux. Le montant global des dépenses, hors chantier et hors enfouissement, est de 22 millions d'euros.