Lille : Ils fabriquent un pont pour réunifier Saint-Sauveur Est et Ouest

URBANISME Les occupants du belvédère entendent « libérer la friche » entourée par un mur de béton

Mikaël Libert

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Le pont de bois qui passe le mur de Saint-Sauveur.
Le pont de bois qui passe le mur de Saint-Sauveur. — M.Libert / 20 Minutes

Un geste plus que symbolique. Dans la nuit de dimanche à lundi, un pont a été érigé entre le belvédère et la friche Saint-Sauveur, à Lille. La construction de cet ouvrage, qui n’a rien d’officiel, est le fait de personnes, militants et/ou simples citoyens, qui s’opposent à l’urbanisation du site, « dernier poumon vert » de la ville selon eux.

Côté friche, les travaux de terrassement ont commencé il y a une semaine, bien à l’abri des regards. De vieux pneus et de la terre ont servi à construire une rampe d’accès pour atteindre le sommet du mur en béton qui entoure l’enceinte de la friche Saint-Sauveur. « Avant que la ville ne clôture le site, les gens pouvaient s’y promener ou simplement passer au travers pour gagner le centre-ville », explique une militante à 20 Minutes.

Une analogie avec la chute du mur de Berlin

Comme ils ne voulaient pas dégrader le mur et risques des poursuites, les occupants du belvédère ont donc choisi l’option pont : « On libère la friche en réunifiant le côté Ouest et le côté Est. Un peu comme cela a été fait il y a trente ans avec la chute du mur de Berlin », poursuit la militante qui préfère rester anonyme.

Même si l’ouvrage est fait de bric et de broc, il est de belle facture et semble solide. « La structure en bois a été assemblée ailleurs et nous l’avons posée cette nuit pour rester discrets », glisse-t-elle. Il permet donc d’aller se balader dans la friche sans avoir à gravir le mur, même si cela reste interdit. Une trentaine de personnes s’affairaient à peaufiner la construction du pont ce lundi après-midi avant une inauguration en grande pompe. « On ne sait pas combien de temps ils vont nous le laisser, mais pour l’instant, les policiers sont occupés à autre chose, on est le 11 novembre », ironise la militante.