VIDEO. Hauts-de-France : Une première étude des particules ultrafines permet de mieux connaître l'origine des pollutions de l'air

ENVIRONNEMENT L’association Atmo, publie, pour la première fois, l’origine des pollutions de l’air par les particules les plus fines, particulièrement redoutables pour la santé

Gilles Durand

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Illustration d'un épisode de pollution de l'air.
Illustration d'un épisode de pollution de l'air. — Olivier Coret / SIPA
  • L’association Atmo, chargée de surveiller la qualité de l’air dans les Hauts-de-France, vient de publier les premières analyses concernant les particules ultrafines (PUF).
  • Ces particules sont les plus petites et donc les plus dangereuses pour la santé.
  • L’origine de ces particules diffère selon les lieux étudiés.

La traque de la pollution atmosphérique se précise. L'association Atmo, chargée de surveiller la qualité de l’air dans les Hauts-de-France, vient de publier les premières analyses concernant les particules ultrafines (PUF) en suspension. « Jusqu’à présent, on savait les détecter, mais pas forcément les identifier. Ce travail va permettre de mieux connaître l’origine de ces polluants particulièrement dangereux pour la santé », explique Atmo. Explications.

C’est quoi ces particules ultrafines ?

Dans l’air, il existe de la poussière constituée par des particules de différentes tailles. Les PUF mesurent moins d’un micromètre de diamètre. Ce sont les plus petites. Il en faudrait plus de 50 pour faire le diamètre d’un cheveu. « Elles sont tellement petites qu’elles pénètrent très profondément dans les voies respiratoires jusqu’à la circulation sanguine avec de gros risques pour la santé. Or, ces PUF restent encore peu étudiées et non réglementées », souligne Atmo.

Illustration de la taille des particules. d'après U.S. EPA.
Illustration de la taille des particules. d'après U.S. EPA. - Atmo Hauts-de-France

Comment les étudie-t-on ?

Une station très perfectionnée d’Atmo, installée à Lille, permet de compter et de classer en permanence les poussières atmosphériques. Trois autres sites complémentaires ont accueilli provisoirement un appareil de mesure identique pendant quatre semaines : Grande-Synthe (proximité industrielle), Creil (urbain) et Campagne-lès-Boulonnais (rural). En 2019, trois autres sites (Dunkerque port, Calais et Valenciennes) seront observés pour peaufiner l’enquête.

Quelle est l’origine de la pollution ?

Le trafic routier est la source principale de pollution dans les sites urbains, comme à Lille par exemple. A Creil, le chauffage au bois a également une incidence pendant la période hivernale étudiée. A Grande-Synthe, sans grande surprise, ce sont les émissions industrielles et portuaires qui sont les sources majeures.

Enfin, en milieu rural, le chauffage au bois est le principal responsable en hiver, mais à des degrés de pollution moindres. Un autre phénomène, essentiellement estival, explique en partie la pollution atmosphérique : la formation de particules secondaires. « La réaction des polluants entre eux ajoute à la complexité de l’analyse des origines », note Atmo.

Et maintenant ?

« Savoir plus précisément d’où viennent les polluants aide les autorités responsables à mettre en place une stratégie d’action et de prévention », indique Atmo. Inutile, par exemple, de mettre en place la circulation différenciée si la pollution est d’origine industrielle. Lors du premier semestre 2020, un nouveau décret national sur les indices de la qualité de l’air doit intégrer les PM2,5 (particules de moins de 2,5 µm de diamètre) comme nouveau polluant. D’où l’intérêt d’améliorer les connaissances sur les PUF sur un territoire très touché la pollution atmosphérique.