Roubaix : Comment la nomination d’une sous-préfète attitrée pourrait changer la vie des Roubaisiens

SOCIETE Johanna Buchter est devenue mi-octobre la sous-préfète de la commune nordiste de 100.000 habitants

Mikaël Libert
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Johanna Buchter est sous-préfète de Roubaix.
Johanna Buchter est sous-préfète de Roubaix. — Prefecture du Nord
  • Depuis mi-octobre, la ville de Roubaix a une sous-préfète attitrée.
  • Cette initiative remonte à 2016 et c’est la mairie qui en est à l’origine.
  • En France, seule Grigny, dans l’Essonne, bénéficie d’un dispositif semblable.

Laboratoire roubaisien. Depuis mi-octobre, Johanna Buchter, 26 ans, a été nommée sous-préfète de Roubaix. Aucune autre ville française ne bénéficie d’un représentant de l’Etat attitré, exception faire de Grigny, dans l’Essonne, où un commissaire du gouvernement a été nommé en 2016. On pourrait y voir une sorte de mise sous tutelle étatique d’une municipalité débordée par les problématiques insurmontables. Il n’en est rien. Cette initiative découle d’ailleurs d’une sollicitation de la ville. Explications.

« Demander l’aide de l’Etat n’est pas un constat d’échec. L’arrivée de Johanna Buchter est simplement la garantie que les problématiques de la commune vont être entendues et traitées. C’est un excellent moyen d’obtenir l’attention de l’Etat », estime Guillaume Delbar, le maire de Roubaix. En amont, la ville avait fait l’objet d’une « expertise nationale » qui avait débouché sur la rédaction de deux rapports d’évaluation des politiques publiques mises en œuvre à Roubaix. Ce sera la base de travail de la sous-préfète.

« Manque de cohérence et de coordination »

Pour autant, cette dernière ne se contentera pas de brandir la paperasse. Vierge d’a priori sur la ville, Johanna Buchter arpente le terrain depuis déjà deux semaines : « Je vais tâcher de rencontrer tous les acteurs associatifs, pour l’emploi, le logement, la sécurité. En quelques jours, j’ai pu constater qu’il y a beaucoup de choses positives ici, de personnes motivées, mais il y a aussi un grand manque de cohérence et de coordination », assure la sous-préfète.

Johanna Buchter reconnaît avoir reçu une « fiche de poste » mais assure qu’elle n’est pas figée et qu’elle évoluera en fonction de ses observations sur le terrain. Le maire, lui, met tout de même en avant certaines priorités : « Les grands objectifs structurels, comme l’habitat et l’emploi. Il s’agit de proposer des politiques innovantes qui donnent des résultats », souligne-t-il. D’ailleurs, au sujet de l’emploi, la sous-préfète a quelques idées : « Il y a de la demande dans les entreprises à Roubaix, et ces employeurs sont prêts à prendre des gens qui n’y connaissent rien à leur métier. En revanche, ils veulent des personnes qui sont déjà hyper carrées dans leur attitude. Ca, on peut l’apprendre grâce notamment a des formations de ''savoir-être'' », explique-t-elle.

La sous-préfète n’a pas de budget dévolu à sa mission, mais ni elle, ni le maire ne s’en offusquent : « Il faut apprendre à aller chercher les budgets existants, c’est aussi en cela qu’avoir un point d’entrée unique auprès des services de l’Etat est intéressant », précise Guillaume Delbar. Johanna Buchter est en place « pour deux, trois ans ». « On ne va pas tout changer en quelques jours, reconnaît-elle. Ce qu’il faut, ce sont de petites victoires avec des résultats rapides pour que les habitants les voient et qu’ils gardent confiance. »