Lille : Une voie de circulation bientôt réservée au covoiturage, c’est officiellement en projet

TRANSPORTS La Métropole de Lille envisage d’aménager une ancienne route départementale avec une voie de bus ouverte aussi aux covoitureurs

Gilles Durand

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Illustration du covoiturage.
Illustration du covoiturage. — A. Gelebart / 20 Minutes
  • La Métropole de Lille envisage d’aménager, à l’horizon 2022, une voie routière réservée au covoiturage, entre Wattrelos et Villeneuve d’Ascq.
  • Cette voie de bus ouverte aux covoitureurs est une première dans l’agglomération lilloise.
  • Les élus de la métropole de Lille ont voté un plan d’action covoiturage qui prévoit le déploiement d’aires de stationnement réservées et des incitations pour les voyageurs.

Priorité au covoiturage. La Métropole de Lille (Mel) innove en projetant d’aménager une voie routière réservée au covoiturage, a-t-on appris lors du dernier conseil métropolitain, le 11 octobre. Certes, cette perspective reste, pour l’instant, soumise à étude et ne se dessinera qu’à l’horizon 2022, mais il s’agit d’une première dans l’agglomération lilloise.

L’ancienne D700 – devenue M700 depuis le transfert de compétence vers la Métropole – est un axe routier particulièrement emprunté entre Wattrelos et Villeneuve d’Ascq (30.000 véhicules par jour). « Elle connaît depuis des années des phénomènes de congestion, notamment sur un tronçon aménagé en 2X1 voie, tandis que les tronçons, de part et d’autre, sont aménagés en 2X2 voies », précise La Mel.

Solutions pour contrôler le dispositif ?

Le projet prévoit la généralisation des 2X2 voies, avec une voie de bus qui sera aussi ouverte au covoiturage. Dans un avenir plus lointain, il est également question d’étendre les voies dédiées aux covoitureurs sur les autoroutes d’accès à l’agglomération, en collaboration avec la préfecture.

Reste à trouver comment contrôler un tel dispositif ou certifier le système (contrôle automatisé des voies réservées, labellisation, registre de preuves) pour permettre « d’objectiver les pratiques réelles de covoiturage », souligne la Mel.

Une moyenne de 1,3 personne par véhicule

Cette nouvelle expérience de voies dédiées fait partie d’un plan d’action covoiturage que les élus de la Mel viennent donc de voter à une large majorité. Voilà huit ans qu’ils se penchent sur cette question cruciale dans une métropole régulièrement soumise à des pics de pollution. Avec une moyenne de 1,3 personne par véhicule (1,1 pour le déplacement domicile travail), la marge de progression est énorme.

Chaque expérimentation est donc la bienvenue. Notamment pour les parkings de covoiturage qui ont commencé à sortir de terre depuis 2015. Onze sont pour l’instant disponibles, ce qui représente 230 places. Une vingtaine de plus pourraient voir le jour d’ici à 2025 avec 400 places supplémentaires.

Mais une autre solution, moins coûteuse, est désormais testée : l’utilisation du parking privé d’enseignes commerciales. Un partenariat a été conclu avec le groupe Auchan pour disposer d’un total d’une centaine de places dans les centres de Faches-Thumesnil, d’Englos, de Leers et Promenade de Flandres à Neuville-en-Ferrain.

Nouvelle appli mobile de covoiturage

Innovation encore pour développer l’offre et la demande sur internet. Un premier site « Covoiturezplus » avait été lancé en 2011 par le gestionnaire de transports publics, Transpole. La Région Hauts-de-France avait aussi lancé son site baptisé « Passpass covoiturage ». Certaines communautés des salariés, OVH, Damart ou encore IdKids, l’avaient investi. A La Mel, par exemple, environ 140 agents partagent régulièrement leurs voyages.

Depuis le début d’année, c’est une application mobile, Ilevia covoiturage, qui vient compléter l’offre pour connecter conducteurs et passagers sur des trajets communs avec quelques nouveautés à la clé. Pour fidéliser les voyageurs en commun, un système de collecte de points permet d’obtenir des bons d’achat ou des avantages auprès d’Ilévia.

Par ailleurs, des places sur les parkings P + R aux abords des métros sont désormais réservées aux covoitureurs. Fin septembre, l’appli comptait environ 2.100 inscrits et 690 annonces régulières*.

Enfin, on l’oublie souvent, mais les jours de circulation différenciée, les véhicules transportant au moins un passager sont autorisés à rouler lors des pics de pollution, quelle que soit la catégorie Crit’air du véhicule.

* 37 % des annonces ont pour origine ou destination Lille, 25 % Villeneuve d’Ascq, 12 % Marcq, 10 % Tourcoing et 7 % Roubaix.