VIDEO. Municipales 2020 à Lille: «Un conseil communal d'épouvantails», le statut des villes associées remis en cause par La France Insoumise

POLITIQUE Les listes soutenues par La France Insoumise à Lille, Hellemmes et Lomme comptent remettre en cause le statut de villes associées

Gilles Durand

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Les candidats soutenus par LFI et le député du Nord Ugo Bernalicis (2e en partant de la gauche) aux municipales de Lille et d'Hellemmes. De gauche à droite, Anne Conti, Gisèle Hubert, Lucas Fournier, Elodie Cloez et Julien Poix.
Les candidats soutenus par LFI et le député du Nord Ugo Bernalicis (2e en partant de la gauche) aux municipales de Lille et d'Hellemmes. De gauche à droite, Anne Conti, Gisèle Hubert, Lucas Fournier, Elodie Cloez et Julien Poix. — G. Durand / 20 Minutes
  • Les deux chefs de file qui vont piloter la campagne à Hellemmes ont émis l’idée d’un référendum autour du maintien ou non de la fusion association avec Lille.
  • L’association entre Lille et Hellemmes remonte à 1977, celle avec Lomme à 2001.
  • Les trois villes partagent le même budget et la même fiscalité sous l’autorité du conseil municipal de Lille qui, à son tour, décide des budgets annexes pour les deux communes.

L’union de Lille avec les communes d’Hellemmes et de Lomme risque-t-elle de voler en éclat ? Les candidats qui représenteront la France Insoumise (LFI) lors les élections municipales de 2020 ont décidé de mettre le sujet sur la place publique. Lors de la présentation, vendredi, des deux chefs de file qui vont piloter la campagne à Hellemmes, l’idée d’un référendum autour du maintien ou non de cette fusion association a été évoquée.

« Nous pensons que le statut d’Hellemmes, en tant que commune associée de Lille, prive les habitants de leur pouvoir de décision, les réduisant à élire un conseil communal consultatif d’épouvantails subordonnés au bon vouloir des notables qui tiennent aujourd’hui le beffroi de Lille », estiment Lucas Fournier et Gisèle Hubert, chef de file du collectif « Décidez pour Hellemmes » soutenu par LFI.

Un double mariage partiellement consommé

Pour comprendre, il faut effectuer un retour en arrière. L’association entre Lille et Hellemmes remonte à 1977. Celle avec Lomme à 2001. Pourtant, ce double mariage n’est pas entièrement consommé comme l'explique Médiacités qui s’est procuré un rapport interne confidentiel. Le site d’information en ligne parle « d’une organisation à trois sans objectifs et règles clairs (…) où la mutualisation progresse peu ».

Ce rapport pointe le fait qu'« en cas de changement de majorité dans l’une ou plusieurs des communes (…), les conditions de l’entente ne seraient plus réunies ». Il estime aussi qu’il est « très peu probable que cela devienne un thème de campagne électoral, car il est à la fois peu porteur et risqué ». Si l’analyse est bonne, la prédiction s’effondre avec LFI qui met les pieds dans le plat.

Même budget partagé

Concrètement, les trois villes partagent le même budget et la même fiscalité sous l’autorité du conseil municipal de Lille qui, à son tour, décide des budgets annexes pour les deux communes. Pour autant, sur le papier, Hellemmes et Lomme ne sont pas devenus des quartiers. Elles ont un maire qui est élu.

Pourquoi cette union a-t-elle été construite ? S’agissait-il de permettre à Lille de passer le cap des 200.000 habitants pour bénéficier de dotations de l’Etat plus généreuses ? « C’est un coup politique qui permet d’additionner les voix des trois communes pour que le PS puisse garder la mainmise sur Lille, ce n’est pas pensé plus loin que ça », argue Anne Conti, engagée dans le collectif « Décidez pour Hellemmes »

De fait, les candidats LFI assurent avoir tenté, en vain, de se procurer les règles qui régissent cette fusion association de communes pour mieux pouvoir la contester. « C’est digne de Fort Boyard, assure Lucas Fournier. Pour l’instant, personne à la mairie de Lille, Lomme ou Hellemmes n’est capable de nous les donner. »