Municipales 2020: « Nous allons faire 50 propositions aux candidats de la Métropole de Lille », annonce le Medef local

INTERVIEW Le Medef Lille Métropole doit présenter un manifeste de 50 propositions, en janvier, à destination des candidats aux mairies de la Métropole de Lille (MEL).

Propos recueillis par Gilles Durand

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Yann Orpin, président du Medef Lille Métropole.
Yann Orpin, président du Medef Lille Métropole. — G. Durand / 20 Minutes
  • Pour la première fois, le Medef Lille Métropole va s’engager ouvertement dans une campagne électorale.
  • Son président Yann Orpin annonce qu’un manifeste de 50 propositions sera diffusé en janvier.
  • Il déplore le manque de mobilité et d’attractivité qui règne au sein de la Métropole de Lille.

Les entrepreneurs veulent s’inviter aux municipales 2020. Le Medef (Mouvement des entreprises de France) Lille Métropole prévoit, en janvier, la sortie d’un Livre blanc à destination des candidats aux mairies de la Métropole de Lille (MEL). Il s’agit de dresser 50 propositions « pour assurer la transformation réussie du territoire ». C’est la première fois que le Medef local va s’engager autant dans une campagne électorale. Son nouveau président, Yann Orpin, nous explique pourquoi.

Qu’est ce qui pousse le Medef Lille Métropole à s’intéresser d’aussi prêt à l’élection municipale ?

Il y a toujours eu une part de lobbying auprès des élus. Cette fois, nous avons décidé d’aller plus loin. Les entreprises ont envie de changement. Les entrepreneurs sont des acteurs du territoire. Ce qui pousse la nouvelle génération qui crée des entreprises, c’est d’avoir une incidence sociale et environnementale avant de trouver un modèle économique. Les maires sont en attente de nouvelles idées. Nous allons donc leur faire 50 propositions.

Sous quelle forme ?

Nous allons présenter des projets concrets et des problématiques plus larges. Ce sera le fruit du travail engagé depuis cet été par les cinq commissions que nous avons mises en place. Elles planchent autour de plusieurs thématiques : le digital, l’inclusion, le tourisme et l’attractivité, la mobilité, mais aussi la jeunesse. Nous allons rendre publiques ces propositions en janvier sous forme d’un manifeste. Il n’est pas question de soutenir un parti quelconque mais de prendre part au débat.

Quel est, à votre avis, le problème actuel de la métropole ?

La métropole souffre de deux déficits majeurs, lesquels sont d’ailleurs un peu liés : la mobilité et l’attractivité. La mobilité est un élément essentiel et il faut aller vite. La construction de nouvelles lignes de tramway va prendre du temps. C’est pour ça que nous soutenons le projet Supraways, ce mode de transport par navettes suspendues, pour désengorger les axes routiers. Il nécessite peu d’emprise foncière et un investissement beaucoup moins lourd qu’un tramway.

Et l’attractivité ?

Une enquête de Cadremploi montre que 8 cadres sur 10 sont prêts à quitter l’Île-de-France. Mais seulement un sur dix envisage de s’installer à Lille. C’est un problème. Nous avons une centaine d’entreprises qui souhaitent prendre le virage de l’intelligence artificielle. Dans les dix prochaines années, ce sont 230.000 postes dont les métiers vont évoluer dans les Hauts-de-France. Il faut travailler ensemble sur ces projets communs, avec toutes les collectivités, pour trouver des solutions.