Lille: Le travail de deux sociologues engagés s'expose sous le titre «Bienvenue chez les riches»

EXPOSITION SOCIALE Une exposition inédite sur le travail des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, spécialistes de la grande bourgeoisie est présentée à Lille

G.D. avec AFP

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Une partie de l'exposition «Bienvenue chez les riches», à Lille.
Une partie de l'exposition «Bienvenue chez les riches», à Lille. — G. Durand / 20 Minutes
  • L’exposition « Bienvenue chez les riches » présente, à Lille, le travail des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, spécialistes de la grande bourgeoisie.
  • Les deux sociologues s’appuient sur leur travail d’observation et d’enquête mené, depuis les années 1970, sur les « hautes sphères politiques et financières ».
  • L’approche en bande dessinée, à grand renfort de coupures de presse et de graphiques, offre un accès pédagogique à certains mécanismes financiers complexes.

« Bienvenue chez les riches », proclame l’affiche à l’entrée de l’exposition. Entre ironie mordante et enquête de terrain documentée, la Maison régionale de l'environnement et des solidarités de Lille* propose, jusqu’au vendredi 18 octobre, une exposition inédite sur le travail des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, spécialistes de la grande bourgeoisie.

L’exposition, conçue par Raphaëlle Perret et mise en forme par Etienne Lécroart, se présente sous la forme d’un dialogue en bande dessinée entre une jeune citoyenne et le couple d’universitaires retraités, tous deux anciens directeurs de recherches au CNRS.

« Les vrais casseurs »

Ce dialogue s’articule autour de cinq thèmes : « la grande évasion » fiscale, « les vrais casseurs », la « délinquance en col blanc », les « prédateurs au pouvoir », reprise du titre d’un de leurs ouvrages publié en 2017, ou encore « la domination dans les têtes ».

« Ce n’est pas léger, mais c’est subversif et joyeux », explique à l’AFP Monique Pinçon-Charlot. « On allie le sérieux des enquêtes et l’impertinence par rapport aux dominants, sans dépasser la ligne jaune ».

Les deux sociologues s’appuient sur leur travail d’observation et d’enquête mené depuis les années 1970, qui a pris une tournure plus sévère à l’encontre des « hautes sphères politiques et financières » depuis leur retraite en 2007 et l’abandon de leur obligation de réserve.

« Robin des bois à l’envers »

A travers cette exposition, ils souhaitent « permettre de comprendre les mécanismes de notre société » et donner à voir « l’arbitraire du pouvoir et des privilèges ». Tout y passe, de l’importance de « l’entre-soi » pour la transmission des patrimoines aux accointances entre les décideurs politiques et le monde des affaires, en passant par les stratégies d’évasion fiscale.

L’approche en bande dessinée, à grand renfort de coupures de presse et de graphiques, offre un accès pédagogique à certains mécanismes complexes, comme la faible croissance des salaires face à celle des revenus du capital et ses conséquences, la financiarisation de l’économie.

Dans la lignée de leur dernier livre, Le Président des ultra-riches, les sociologues s’en prennent particulièrement à Emmanuel Macron, présenté comme un « Robin des bois à l’envers », et ne manquent pas de rappeler certaines de ses mesures controversées, dont la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

* 23, rue Gosselet, à Lille.

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