Villeneuve-d’Ascq : Les Scolimpiades veulent tordre les idées reçues sur la scoliose

SANTE Les Scolimpiades qui ont lieu samedi à Villeneuve-d’Ascq mêlent information et prévention sur une maladie encore méconnue, la scoliose

Christophe Kuchly

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La petite Emma, en corset, pédalant lors de la première édition l'an dernier
La petite Emma, en corset, pédalant lors de la première édition l'an dernier — Fondation Cotrel
  1. La scoliose est une maladie qui survient durant la croissance. Il est essentiel de la repérer le plus tôt possible.
  2. « Le port du cartable n’est pas une cause, pas plus que le fait de ne pas assez manger. L’autre idée reçue, c’est qu’on ne peut pas faire de sport. Ce n’est pas vrai », explique une déléguée de la fondation Yves-Cotrel - Institut de France.

On en entend parler, on la croise parfois, mais on la connaît finalement bien mal. La scoliose, déviation sinueuse de la colonne vertébrale, est souvent associée à des mythes et repérée trop tard. Avec les Scolimpiades, événement gratuit organisé samedi au centre Marc Sautelet de Villeneuve-d’Ascq, la fondation Yves-Cotrel - Institut de France, souhaite informer et prévenir.

Des chiffres, d’abord : dans 70 % des cas, la scoliose est idiopathique, c’est-à-dire qu’elle apparaît sans aucune cause décelable à ce stade de la recherche. Touchant de 1 à 3 % des enfants en âge d’aller à l’école, cette maladie est quatre fois plus présente chez les filles. « Et le port du cartable n’est pas une cause, pas plus que le fait de ne pas assez manger, explique Nora Muller-Conte, déléguée de la fondation Cotrel. L’autre idée reçue, c’est qu’on ne peut pas faire de sport. Ce n’est pas vrai, il faut simplement être plus attentif et éviter de prendre des coups. » À défaut d’être le prochain Mike Tyson, on peut donc se rêver en futur Lionel Messi.

Les Scolimpiades, qui proposent diverses activités physiques et ludiques (trampoline, tir à l’arc, sarbacane…), veulent donc démonter les idées reçues par l’exemple. Et, tout laissant les professionnels dépister les éventuels cas, donner les clés aux parents. « En deux gestes simples, on peut voir si un enfant à une scoliose en trente secondes, reprend Nora Muller-Conte. Ça ne saute pas toujours aux yeux et il y a un trou dans le suivi médical des enfants entre 7 et 12 ans. »

La recherche progresse

Quand on sait que tout se joue sur la précocité de la détection, avec de grandes chances de devoir opérer – et ce que cela implique de perte de mobilité – s’il n’y a jamais eu de suivi avant 14-15 ans, être attentif est donc essentiel. Savoir quoi regarder l’est tout autant : les attitudes scoliotiques liées à la posture, très fréquentes chez les adolescents, sont embêtantes mais bien plus facilement réductibles.

Le chirurgien orthopédiste Yves Cotrel, qui a exercé près de trente ans à l’institut Calot à Berck, est décédé en début d’année. Mais la recherche est toujours aussi active, notamment dans la région, et une piste est actuellement explorée pour expliquer la scoliose idiopathique : la découverte d’anomalies au niveau des cils, un organite sensoriel qui peut capter les signaux venant de l’extérieur.

Un constat qui, à terme, pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques, pour distinguer les enfants pour qui il faudra un traitement (corset, chirurgie) et ceux pour qui la maladie n’évoluera pas. Dans tous les cas, si la scoliose n’est pas héréditaire, le facteur génétique reste très important. D’où la nécessité de faire attention si d’autres cas existent dans la famille.