Hauts-de-France : La gratuité des TER les jours de pollution est un casse-tête d’organisation

TRANSPORTS Après l’annonce politique, la région des Hauts-de-France entre dans une négociation compliquée avec la SNCF

Mikaël Libert

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Un TER entre en gare de Lille (illustration).
Un TER entre en gare de Lille (illustration). — M.LIBERT / 20 MINUTES
  • Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, a annoncé la gratuité des trains régionaux les jours de pic de pollution.
  • La région et la SNCF vont entrer en discussion pour tâcher d’organiser la mesure.
  • L’absence de billet est la condition pour que la mesure fonctionne selon la région.

Débrouillez-vous avec ça. Sur l’antenne de nos confrères de France 3, mardi, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a annoncé que la région allait instaurer la gratuité des TER les jours de pics de pollution. Une initiative saluée unanimement, sauf qu’entre la déclaration politique et la mise en œuvre effective, il y a un ravin.

Au conseil régional, on ne tente même plus d’enrober les tensions entre l’institution et l’opérateur ferroviaire. Les griefs sont nombreux et Xavier Bertrand ne se prive pas de dire tout haut son exaspération. «  La SNCF, ça ne pose que des problèmes », résume Franck Dhersin, vice-président du conseil régional en charge des transports. Et ce dernier n’a pas fini d’en baver puisqu’après l’annonce de son président, c’est à lui qu’échoit la lourde tâche d’organiser la gratuité des TER les jours de pic de pollution.

« Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien »

« On sait déjà que les trains vont être bondés aux heures de pointe puisque c’est déjà le cas et même si l’on a prévu d’ajouter 25.000 places dès 2020 », reconnaît le vice-président en charge des transports. Pour autant, il assume : « Il y a une urgence climatique, nous n’avons pas le choix. De toute façon, ce type de mesure les jours de pollution va s’imposer d’elle-même aux autres régions », affirme-t-il.

Nul ne sait à ce stade comment cela va s’organiser concrètement. La mesure sera-t-elle déclenchée le premier jour du pic de pollution ou après le délai de trois jours pris en compte par le préfet pour imposer la circulation différenciée ? Pourra-t-on monter gratuitement dans le train au départ d’un secteur hors du pic si l’on se rend dans un secteur concerné ? Comment faire pour les trajets entre deux régions ? « Tout cela fera l’objet de discussions avec la SNCF », glisse Franck Dhersin.

Il y a cependant un point sur lequel la région ne transigera pas : « Pour que cela fonctionne, il faut que les voyageurs puissent monter dans les trains sans avoir besoin de prendre de ticket », martèle l’élu. Selon lui, même un billet à zéro euro est un point de blocage : « C’est la façon de fonctionner qui a été mise en place à Dunkerque et la fréquentation des transports en commun a bondi. »