Pourquoi 250.000 œuvres du Louvre vont-elles être transférées à Liévin, dans le Pas-de-Calais ?

ART Le centre de conservation du musée du Louvre a été inauguré, ce mardi, à Liévin, à quelques centaines de mètres du Louvre-Lens

Gilles Durand

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Une des réserves du centre de conservation du Louvre, à Liévin, dans le Pas-de-Calais, laquelle accueillera des œuvres à partir du 28 octobre 2019.
Une des réserves du centre de conservation du Louvre, à Liévin, dans le Pas-de-Calais, laquelle accueillera des œuvres à partir du 28 octobre 2019. — G. Durand / 20Minutes
  • Environ 250.000 œuvres du Louvre vont être entreposées et étudiées dans un centre de conservation implanté à Liévin, dans le Pas-de-Calais, à côté du Louvre-Lens.
  • Le transfert de ces réserves va commencer le 28 octobre pour se terminer en 2024.
  • Ce sont les crus régulières de la Seine qui obligent le Louvre à transporter ces œuvres hors de Paris.

Pour l’instant, c’est un bunker vide. Le centre de conservation du Louvre a été inauguré, ce mardi, à Liévin, dans le Pas-de-Calais, à quelques centaines de mètres du Louvre-Lens. Environ 250.000 œuvres du célèbre musée (sur les 620.000 qu'il possède) vont être entreposées et étudiées dans cet impressionnant bâtiment de près de 2 ha (soit quatre terrains de foot), à moitié enterré.

Pourquoi un centre de conservation délocalisé ?

« Merci la Seine ! » C’est le cri du cœur lancé, lors de l’inauguration, par Laurent Duporge, vice-président (PS) du conseil départemental du Pas-de-Calais et maire de Liévin. C’est parce que la Seine inonde Paris régulièrement que le musée du Louvre s’est vu obligé de mettre à l’abri ses collections dans un endroit sûr. « Cette externalisation est aussi l’occasion d’améliorer les conditions de conservation et de constituer un lieu d’études et de recherche », note Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre. Ainsi, à partir du 28 octobre, 250.000 œuvres vont quitter les 68 lieux de stockage aujourd’hui en fonction pour se retrouver à Liévin.

Pourquoi à Liévin ?

L’histoire a peut-être commencé il y a 45 ans avec un drame. Le 27 décembre 1974, 42 mineurs, victimes d’un coup de grisou, trouvent la mort dans la fosse 3 de Liévin. Le premier ministre de l’époque s’appelle Jacques Chirac. « Il est venu sur les lieux de la catastrophe. Peut-être s’est-il souvenu de ce drame lorsqu’il a choisi d’implanter un musée du Louvre à Lens en 2004 », raconte Laurent Duporge. « Dès l’inauguration du Louvre-Lens en 2012, le choix d’un site à sa proximité immédiate est devenu une évidence », souligne Jean-Luc Martinez.

Une des réserves du centre de conservation du Louvre, à Liévin, dans le Pas-de-Calais, laquelle accueillera des œuvres à partir du 28 octobre 2019.
Une des réserves du centre de conservation du Louvre, à Liévin, dans le Pas-de-Calais, laquelle accueillera des œuvres à partir du 28 octobre 2019. - G. Durand / 20 Minutes

Quelles retombées économiques ?

« Les musées de la région vont pouvoir profiter de ces réserves », se réjouit Xavier Bertrand, président (DVD) des Hauts-de-France. Si les retombées culturelles semblent évidentes, il faudra attendre pour tirer un bilan économique. Jusqu’en 2024, la principale préoccupation sera de transférer toutes les œuvres. « Des entreprises régionales de transport des Hauts-de-France sont prêtes à s’adapter aux contraintes pour participer à ce transfert », prévient Xavier Bertrand.

Sept ans après son ouverture, le Louvre-Lens voisin a, certes, accueilli 3,5 millions de visiteurs, mais le musée peine à trouver un second souffle. L’Etat, va débourser 300.000 euros pour moderniser la Galerie du temps, a-t-on appris de la bouche de Franck Riester, ministre de la Culture. Tandis que la Région Hauts-de-France doit mettre 5 millions sur la table.

Polémique sur les TGV entre Paris et Lens

Une chose est sûre : pour l’instant, l’effet Louvre n’a pas permis de sauver les liaisons ferroviaires entre Paris et Lens. Le maire (PS) de Lens, Sylvain Robert, s’est permis d’ironiser sur la suppression programmée de certains TGV Paris-Lens. « Je fais vite car le ministre doit prendre un TGV pour rentrer à Paris. Ce même TGV qui doit être bientôt supprimé », a glissé l’élu dans son discours.