Pas-de-Calais : Un vétérinaire et des associations dénoncent le spectacle de fauves d'une fête de village

ANIMAUX Le maire de Wimille s’est attiré les foudres des associations de défense des animaux

Mikaël Libert

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Plusieurs fauves seront exhibés à Wimille, dont un tigre.
Plusieurs fauves seront exhibés à Wimille, dont un tigre. — F.Scheiber/20 Minutes

« Contre l’ère du temps ». Un vétérinaire de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, dénonce la programmation d’un spectacle mettant en scène des fauves lors d’une fête de village qui doit avoir lieu, dimanche, à Wimille. Il a rapidement été rejoint par plusieurs associations de défense des animaux qui, toutes, se désolent d’une initiative en décalage avec l’évolution des mentalités sur la cause animale.

Annulée en 2018 pour des raisons d’organisation, le « Grande fête des animaux » de Wimille devait faire un retour fracassant, dimanche. Pour l’occasion, la mairie promet « une version XXXL » de ce « rendez-vous populaire ». Le programme semble en effet alléchant jusqu’à ce que l’on tombe sur cette phrase : « Derrière des grilles, des fauves rugissent. Tigres et lions blancs croisent le chemin des spectateurs. »

« Il faut justement se battre contre cette soif d’exotisme »

« Exploiter des fauves pour remettre cette fête à l’honneur va totalement à contre-courant des tendances actuelles », dénonce Christophe Blanckaert, le vétérinaire à l’origine de la pétition contre cette manifestation. Pour lui, c’est d’autant plus inapproprié que même le gouvernement est en train de bouger sur cette question : « Il y a des projets de loi contre l’exploitation des animaux sauvages. Il y a eu aussi cette récente affaire de montreur d’ours », poursuit-il.

« Le maire nous a assuré que des personnes voulaient voir ce genre d’animaux. C’est sans doute vrai, mais il faut justement se battre contre cette soif d’exotisme, cette idée qu’il faut voir des fauves en vrai », explique Amandine Sanvisens, présidente de l’association Zoopolis. Pour elle, il y a aussi un manque d’informations : « Beaucoup de personnes ne voient pas où est le problème de présenter des animaux sauvages en captivité ». « Il n’y a aucun bien-être possible pour un fauve en cage, même s’il a toujours vécu de cette manière », renchérit le Dr Blanckaert.

« Les circassiens cherchent à se diversifier »

Selon la Fondation Brigitte Bardot, de tels spectacles sont souvent le fait de cirques : « De plus en plus de villes refusent les cirques avec des animaux. Les circassiens cherchent donc à se diversifier en proposant leurs services pour des soirées privées, des salons ou des fêtes municipales », assure Aline Maatouk-Renard, responsable de la faune sauvage à la fondation.

Du côté de la mairie, on est un peu gêné aux entournures : « Il n’y a aucune interdiction de ce genre de spectacles. Le prestataire, Gruss, nous a donné toutes les garanties », avance d’abord la municipalité. Pour autant, l’adjoint en charge des festivités reconnaît une certaine maladresse : « On voulait quelque chose de grandiose, on ne le refera plus. Mais nous nous sommes engagés et ça nous a coûté 3.500 euros, donc le spectacle de dimanche est maintenu », glisse-t-il. La manifestation aussi.